Le peloton étouffe sous une canicule historique : quelles solutions ?

Le peloton étouffe sous une canicule historique : quelles solutions ? - Samuel Guadi

À peine sa victoire au sprint célébrée à Bergerac, le Belge Tim Merlier s’est précipité dans la salle de presse climatisée pour s’effondrer de longues secondes dans les escaliers. Une séquence symptomatique d’une Grande Boucle écrasée par des températures extrêmes depuis son grand départ de Barcelone.

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BELGA

Avec un thermomètre qui frôle ou dépasse quotidiennement les 40 degrés, la caravane du Tour fait face à une situation inédite par sa régularité. Au micro de RMC Sport, Yvon Ledanois, directeur sportif chez XDS Astana, tire la sonnette d’alarme : « On n’a jamais vécu ça. J’ai fait plus de 30 tours, je n’ai jamais vu des conditions météo aussi chaudes tous les jours. Ce n’est pas qu’un jour il fait très chaud et le lendemain on a des conditions normales. Non, là il fait très très très très chaud tous les jours. Je pense que certains organismes vont être touchés. »

Un constat partagé par le maillot jaune Tadej Pogacar lui-même, qui concède que la météo devient un adversaire à part entière : « La chaleur a un impact, le corps fatigue plus. Même sur des journées plus faciles, il est important de faire attention, de se rafraîchir et de penser à l’hydratation. »

Face à la multiplication de ces vagues de chaleur, le syndicat des coureurs (CPA) a officiellement tapé du poing sur la table, exigeant une réforme du calendrier estival : « Face à la fréquence croissante des vagues de chaleur extrême, le CPA réaffirme que les heures de départ des courses estivales doivent évoluer afin de protéger la santé des athlètes. Il faut mener des discussions avec toutes les parties prenantes cet hiver pour trouver une solution avant la saison 2027. »

La réponse de la direction du Tour, par la voix de Christian Prudhomme, s’est voulue très pragmatique, voire inflexible pour le court terme : « On ne change pas, l’étape va bouger de 10 minutes mais ça ne change strictement rien. Réveiller les coureurs à 5h du matin, c’est un peu compliqué, même si ça arrive pour les contrôles antidopage. »

Partir plus tôt pour arriver plus tôt

Pour Marc Madiot, manager de Groupama FDJ United, la solution ne réside pas dans des départs aux aurores mais dans un retour aux traditions, avec des arrivées programmées vers 16h plutôt qu’en fin d’après-midi au pic de chaleur : « Il faudrait retourner à ce qui se faisait par le passé et qui s’éloigne, à savoir arriver aux alentours de 16h. Au lieu de partir à 14h, on pourrait partir à midi ou à 10h30. On est capable de s’adapter. Il faut aussi s’inspirer de ce qui se fait dans d’autres sports. Quand on regarde le championnat de France de football, on voit bien qu’on joue des matchs à différents horaires pour satisfaire le public et les télévisions. »

Le patron français écarte en revanche l’idée de déplacer le Tour à une autre période de l’année, rappelant qu’un avancement printanier exposerait le peloton à d’autres réalités climatiques : « Si on le fait à d’autres saisons, on aura d’autres soucis. Trop tôt dans l’année, on aura de la neige et du verglas, notamment dans les hautes montagnes. »

Alors que la course s’apprête à s’enfoncer dans le centre de la France, les prévisions météo n’annoncent aucun répit. La journée de repos de ce lundi sera, plus que jamais, consacrée à une quête absolue de fraîcheur.