Tim Merlier s’est à nouveau imposé en patron lors du sprint de la 8ème étape à Bergerac au lendemain de sa victoire à Bordeaux.
Tom Steels, directeur sportif de Soudal Quick-Step et ancien grand sprinteur, s’est dit impressionné par la maîtrise de Tim Merlier. Selon Het Nieuwsblad, Steels a pointé du doigt les éléments qui permettent au coureur belge d’exceller.
La vitesse oui mais surtout le moment
La vitesse est naturellement l’élément clé du sprint mais il doit être combiné avec le positionnement. Ce que Merlier gère parfaitement. « C’est typiquement Tim », explique Steels. « D’autres sprinteurs hésiteraient. Ils n’osent pas. Tim sait choisir son moment et il ose y aller. Dans l’aspiration des autres, il construit sa vitesse et une fois lancé, il continue simplement. Que ce soit à 300 mètres, 250 mètres ou même à 50 mètres de la ligne, il ne regarde même pas les panneaux au bord de la route : il sait où il doit accélérer et il est capable de tenir jusqu’au bout. »
La gestion de l’énergie
Si Merlier est aussi performant au sprint c’est aussi car il aura gardé au maximum son énergie. Ce dernier avait d’ailleurs déjà affirmé la semaine dernière : « Je n’aime pas me battre pour ma position. Frotter et pousser, c’est simplement de l’énergie perdue. »
Koen Pelgrim, son entraîneur, met en avant son incroyable instinct et l’art de se positionner parfaitement : « Tim trouve son chemin dans le peloton comme personne. Il ressent : maintenant, je dois être dans cette roue, puis dans celle-là, etc. Le résultat, c’est qu’au moment où le sprint commence, il peut encore exploiter 100 % de son potentiel. Chez 90 % du peloton, cette vitesse est déjà émoussée à cause de tous ces changements de position. Pas chez lui. C’est quelque chose qu’on voit très rarement. »
Construire sa vitesse
Pour un sprint, il faut pouvoir atteindre des vitesses folles : « En dessous de 70 km/h, on ne gagne plus souvent un sprint plat », explique l’entraîneur Pelgrim. Et si Merlier n’est pas le plus rapide, il utilise ses armes de la meilleure manière : « Un sprinteur n’a qu’une seule cartouche, une seule chance de construire sa vitesse », estime Steels. « Tim utilise presque toujours parfaitement cette cartouche. C’est encore une question de moment et de vitesse. Les autres vont plus vite, mais lui roule tout simplement cinq à six kilomètres par heure plus rapidement. »
un calme imperturbable
Malgré des circonstances pas toujours évidentes, le coureur de 33 ans garde son sang-froid, ce qui lui permet de toujours rester dans la course. Encore ce samedi à Bergerac, Tim n’avait plus Van Lerberghe et devait composer avec Jasper Stuyven pour lancer son sprint (son troisième avec lui seulement). Il était aussi proche de chuter dans le dernier virage : « Je devais être patient. Rester calme. Mes équipiers avaient tellement travaillé pour moi toute la journée, je ne pouvais pas abandonner. Au pire, c’était pour une place dans le top cinq et je n’aurais peut-être plus pu pédaler dans les 50 derniers mètres à cause de l’acide lactique ». Il aura finalement remporté l’étape avec brio.













