Face aux vagues de critiques après un premier tour poussif, Rudi Garcia a affiché une attitude zen qu’il considère comme indispensable pour encadrer ses troupes, alors même que certains jeunes découvrent l’intensité d’une phase finale : « L’attitude du coach déteint sur les joueurs : si vous êtes nerveux, ils vont se demander pourquoi. J’avais confiance en eux donc je n’avais pas de raison d’être nerveux et je ne le suis toujours pas. C’est juste une belle aventure, j’ai envie d’aller loin avec eux. »
Pour chasser le stress aperçu lors du match inaugural contre l’Égypte, le technicien français s’est appuyé sur ses cadres et a lourdement insisté sur les détails tactiques lors des derniers entraînements : « On a élevé le curseur sur certains points, comme les phases arrêtées. Après l’Iran, on a travaillé ça à l’entraînement, on a mis au moins 500 buts je pense. On a voulu redonner confiance aux joueurs. »
Pour valider leur ticket pour les huitièmes de finale, les Diables Rouges devront franchir l’obstacle le plus redoutable du tableau des meilleurs troisièmes : le Sénégal. Une équipe complète et championne d’Afrique en titre que Garcia refuse de sous-estimer, malgré leur qualification acquise sur le fil et un large succès trompeur (5-0) contre un Irak rapidement réduit à dix.
Meilleure nation d’Afrique
Ce duel aura d’ailleurs une saveur toute particulière pour le coach belge, qui croisera la route d’un vieux compagnon de route en la personne de Pape Thiaw, le sélectionneur des Lions : « Il faut battre le Sénégal, il n’y a que ça qui nous intéresse. […] J’étais à Saint-Étienne quand Pape Thiaw, leur sélectionneur actuel, a démarré en professionnel. C’est la meilleure nation africaine […]. Des huit meilleurs troisièmes, c’est l’opposant le plus compliqué, même s’ils ont bizarrement fini à la huitième place. Le Sénégal était dans le groupe le plus compliqué de la Coupe du monde. »
Relancé sur d’éventuels calculs stratégiques qui auraient pu permettre à la Belgique d’éviter une partie de tableau complexe ou de viser l’Australie, Rudi Garcia a coupé court à toute polémique, il ne veut pas y penser : « Le tableau final est à présent connu, mais je ne veux pas me projeter. Si on fait cela, on ne respecte pas le prochain match et le prochain adversaire. À nous de les battre et on verra qui on rencontrera. On n’a pas calculé les choses durant le match face à la Nouvelle-Zélande, afin éventuellement de jouer l’Australie. C’est le destin, par contre on doit forcer celui-ci. Si on finit premier, c’est qu’on devait terminer à cette place. »













