Paul Seixas au Tour de France ? Marc Madiot prévient : « C’est une lessiveuse qui vous dévore »

Paul Seixas au Tour de France ? Marc Madiot prévient : « C’est une lessiveuse qui vous dévore » - Samuel Guadi

Alors que le prodige de 19 ans affole les compteurs en ce début de saison 2026, la question de sa participation à la Grande Boucle divise. Pour Marc Madiot, le lancer trop tôt dans l’arène face à l’ogre Pogačar serait une erreur stratégique majeure.

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BELGA

Fort de sept victoires cette année, dont le Tour du Pays basque et la Flèche Wallonne, Paul Seixas suscite une attente démesurée. Pourtant, le passage de la pépite de 19 ans sur une épreuve de trois semaines, et particulièrement sur le Tour de France, est loin de faire l’unanimité chez les experts.

Interrogé sur RMC, Marc Madiot a tenu à rappeler la singularité du Tour, une épreuve qui dépasse largement le cadre du simple défi athlétique : « On sous-estime ce qu’est le Tour de France. C’est plus de 3.000 kilomètres de course, à l’identique du Giro et de la Vuelta. Sauf que, autour du Tour, il y a une autre course. Elle est quotidienne, avec le temps. Quand on est coureur sur le Tour de France, que vous soyez jeune ou ancien, vous rentrez dans une lessiveuse qui vous mine et vous dévore jour après jour. »

Pour l’actuel président de Groupama-FDJ United, l’intensité physique couplée à la pression médiatique constante crée un environnement où le repos est quasi inexistant pour un leader : « Votre journée est complète et remplie en permanence […] le niveau physique et d’intensité est supérieur à un Giro ou une Vuelta. Dans l’après-course, on est aussi dans une autre course. Il y a tout l’aspect médiatique, le côté pression avec le public, les supporters, les sponsors et les médias. L’ancien ou le jeune coureur n’est tranquille qu’au moment où il est dans sa chambre, vers 22h30 au mieux. »

Se remémorant l’épisode douloureux de Thibaut Pinot en 2019, Madiot avoue que même les structures les mieux préparées peuvent être submergées par le gigantisme de l’événement : « Si j’ai Seixas avec un contrat de cinq ans avec lui, je prends mon temps et je regarde ce qu’il se passe et je ne vais pas au Tour de France cette année, pour compléter mon bagage technique. Il est déjà extrêmement costaud mais il y a des situations de course qu’il n’a pas encore rencontrées. Il a besoin de s’aguerrir. Le jour où il vient sur le Tour de France, c’est pour gagner. »

Enfin, Madiot souligne le danger psychologique de se frotter prématurément à un Tadej Pogačar au sommet de son art : « Il y a l’aspect psychologique du Tour de France et de la rivalité avec Pogačar. Il détruit ses adversaires mentalement, les uns après les autres, voire ses propres coéquipiers. Il y a plein d’exemples où des gens sont allés trop vite et trop tôt dans un Grand Tour. »