À l’occasion d’une rare apparition publique lors du Grand Prix Vermarc, Lucien Van Impe a accordé une longue interview pour Sudinfo.
Interrogé sur l’absence de Remco Evenepoel parmi ses favoris pour le Tour de France, le Gantois a d’emblée affiché son scepticisme sur la polyvalence du coureur : « Combien de coureurs de classiques ont gagné le Tour de France ? Je n’en connais pas un seul. Pogacar était d’abord un coureur de Tour avant de s’intéresser aux classiques et Eddy, c’est l’exception Eddy. Van der Poel ne gagnera jamais le Tour, van Aert non plus. »
Si Evenepoel a brillé sur la Vuelta, l’ancien grimpeur rappelle que « la Vuelta n’est pas le Tour, car le Tour, c’est trop dur. C’est une autre course. » Pour lui, le constat est similaire concernant le Tour d’Italie : « Le Tour d’Italie, je ne pense pas. Les cols sont très durs, trop durs. Il tombera toujours sur des meilleurs grimpeurs que lui. »
Revoir ses objectifs
Face à ces obstacles, Van Impe estime qu’Evenepoel devrait redéfinir ses priorités : « Moi, à sa place, je ferais tout pour gagner les classiques, toutes les classiques, ainsi que les courses par étapes de cinq jours ou de dix jours. Il a gagné le Tour d’Espagne, c’est formidable. Il est très fort et il peut encore le gagner. Mais il peut surtout s’imposer sur n’importe quelle course d’un jour, il a cela en lui. »
Les parcours modernes du Tour de France, de plus en plus pauvres en contre-la-montre et saturés d’arrivées au sommet, ne laissent que peu d’espoirs au Belge selon l’ex-champion. Pour Van Impe, s’aligner sur la plus grande course du monde sans une certitude absolue de pouvoir l’emporter est un non-sens stratégique : « Venir sur le Tour pour terminer quatrième ou cinquième n’est donc pas un objectif intéressant. Si j’avais roulé uniquement dans l’objectif du général, j’aurais peut-être terminé deuxième plusieurs fois. Comme Joop Zoetemelk qui a toujours roulé pour son classement et qui a terminé six fois deuxième. Quel intérêt ? Et gagner contre Pogacar, cela me semble impossible. »
Il conclut en réaffirmant sa propre philosophie de la gagne : « Je suis sensible et j’admire l’ambition de faire podium mais moi, cela ne me disait rien. Je préférais gagner le maillot de la montagne et une ou deux étapes plutôt que terminer quatrième ou cinquième du classement général. »













