S’il n’est plus à la tête de la formation Soudal Quick-Step, Patrick Lefevere n’en reste pas moins un personnage du monde du cyclisme. Et le septuagénaire a rarement sa langue dans sa poche.
Dans un entretien à Sudinfo, l’ancien patron de Remco Evenepoel est revenu sur la participation de son ancien protégé au Tour des Flandres.
Et il admet immédiatement qu’il n’a pas été surpris par la grande annonce d’Evenepoel car il savait qu’il préparait quelque chose : « Sans forfanterie, je savais depuis longtemps qu’il allait venir. Ils n’auraient toutefois pas dû faire autant de cinéma autour de ça. J’ai eu l’occasion de suivre le Tour des Émirats arabes unis où je l’ai vu lâcher dans les montées et avec au moins deux kilos de trop. J’ai compris qu’il préparait quelque chose de spécifique, le Ronde en l’occurrence. Car lorsqu’il a débarqué au Tour de Catalogne, j’ai revu le vrai Remco, prêt à accélérer à tout moment, à tout faire exploser ».
Et s’il n’a pas apprécié cet effet d’annonce, Patrick Lefevere a par contre été impressionné par la prestation de son ancien poulain sur les pavés flandriens : « J’ai beaucoup aimé son premier Tour des Flandres, sa résistance face à une telle adversité. Il n’a jamais abdiqué malgré le fait que les deux autres s’associaient pour ne pas le voir revenir. Je ne pensais pas qu’il ferait peur à ce point-là aux deux cadors ».
Et cette belle performance doit pousser le double champion olympique à continuer à s’aligner sur les classiques et les courses d’un jour : « Plus que jamais. Et je le lui ai toujours dit. J’aurais aimé l’aligner au Ronde quand j’étais encore là. En 2024, il avait préféré le Pays basque où il est tombé et, en 2025, c’est la postière qui a barré sa route à l’entraînement. Je suis convaincu aussi qu’il peut briller à Milan-Sanremo. Pour Paris-Roubaix, je ne le ferais pas maintenant. Il n’a que 26 ans, il a encore le temps. Mais aujourd’hui, ce ne sont plus les managers d’équipe qui décident, ce sont leurs entraîneurs ».
Pour autant, Patrick Lefevere ne pense pas qu’Evenepoel doive mettre de côté les grands tours et les courses à étapes. Le Tour de France doit même rester un impératif : « Mentalement c’est bien qu’il se fixe cet objectif tellement compliqué face à Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard et bientôt Paul Seixas, qui aurait pu venir chez nous. Il était venu avec sa maman à Wevelgem puis il a choisi Decathlon. Pour Remco, ce serait stupide d’abandonner cet objectif maintenant. Il a encore plusieurs années pour essayer. Pogacar et Vingegaard restent aussi des êtres humains, vulnérables à un moment donné ».













