Pour Patrick Lefevere, dans une interview accordée à Sudinfo, le transfert de Remco Evenepoel cet hiver n’était pas une fatalité, mais un choix purement financier de la part de l’actuelle direction de Soudal Quick-Step : « S’ils avaient vraiment voulu le garder à tout prix, ils auraient pu essayer davantage. Ils ont préféré prendre l’argent et le laisser partir. » Au-delà du cas personnel, il s’inquiète de la perte d’identité de la formation belge : « Quand on parle de revenir à une certaine tradition des classiques, il faut se rappeler ce qu’était cette tradition : des coureurs comme Terpstra, Bettini, Boonen, Gilbert, de vrais guerriers… Cela ne se reconstruit pas en deux mois ».
Revenant sur la participation surprise d’Evenepoel au Tour des Flandres, Lefevere confie qu’il n’a pas été dupe de la communication mystérieuse de l’entourage du coureur : « Ils n’auraient toutefois pas dû faire autant de cinéma autour de ça. » Observateur attentif, il avait décelé la préparation spécifique du Belge dès le début de saison : « Au Tour des Émirats, je l’ai vu lâcher dans les montées avec au moins deux kilos de trop. J’ai compris qu’il préparait quelque chose de spécifique. »
La performance de Remco sur les pavés flandriens a fini de le convaincre : « J’ai beaucoup aimé son premier Tour des Flandres, sa résistance face à une telle adversité. Je ne pensais pas qu’il ferait peur à ce point-là aux deux cadors ». Pour Lefevere, l’avenir d’Evenepoel passe par les classiques, même si pour Paris-Roubaix, il prône la patience : « Il n’a que 26 ans, il a encore le temps. »
Malgré la domination du duo Pogacar-Vingegaard, Lefevere encourage son ancien poulain à s’acharner sur la Grande Boucle. Pour lui, abandonner maintenant serait une erreur : « Pogacar et Vingegaard restent aussi des êtres humains, vulnérables à un moment donné ». Il note que l’équipe de Remco se renforce avec des talents comme Lipowitz, tout en glissant un regret sur Paul Seixas, le Français qui domine actuellement le Tour du Pays basque : « Il aurait pu venir chez nous. Il était venu avec sa maman à Wevelgem puis il a choisi Decathlon. »
Sur le débat enflammé concernant la participation de Seixas au Tour de France dès cet été, son avis est tranché : « Il doit y aller. Quel intérêt d’attendre une Vuelta ? Il prouve en ce moment qu’il est prêt pour ce défi. »













