« Je ferais de Remco un co-leader » : Bruyneel ne pense pas qu’Evenepoel doit être la seule carte de Red Bull

« Je ferais de Remco un co-leader » : Bruyneel ne pense pas qu’Evenepoel doit être la seule carte de Red Bull - Samuel Guadi

Si les fans se réjouissent de voir Remco Evenepoel sur les pavés, les observateurs avisés, comme Johan Bruyneel, tempèrent l’enthousiasme général. Dans son podcast THEMOVE+, l’ancien mentor de Lance Armstrong pointe du doigt la principale lacune du Belge pour ce type de monument : le placement.

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Pour Bruyneel, le tracé du Ronde est une bénédiction pour un coureur aussi puissant qu’Evenepoel. La dureté de l’épreuve devrait naturellement opérer une sélection par l’arrière, ce qui favorise les profils de purs athlètes : « Le Tour des Flandres est une épreuve difficile où les coureurs les plus forts finissent par émerger. C’est une bonne chose pour Remco. »

Cependant, la force physique ne fait pas tout sur les routes étroites et sinueuses des Ardennes flamandes. Le placement avant les monts stratégiques est souvent plus énergivore que l’ascension elle-même : « Son problème, c’est le positionnement. Connaître le parcours est une chose, mais le vrai défi est d’être à la bonne place au bon moment. Remco n’est pas un frotteur. La grande finale lui convient, mais la bataille qui la précède est son point faible. »

Selon l’ancien directeur sportif, la Red Bull-BORA-hansgrohe doit jouer sur la capacité d’endurance de son leader plutôt que d’attendre l’emballage final face à des spécialistes comme Van der Poel ou Pogačar : « La clé du succès réside dans les transitions, c’est là qu’il peut forcer la décision. S’il rend la course très dure dès les cent derniers kilomètres, il joue sur ses atouts de manière optimale. »

Bruyneel suggère également une approche tactique prudente pour l’équipe allemande, recommandant de ne pas tout miser sur un seul homme : « Je ferais de Remco un co-leader, mais pas le leader unique. Je trouve que c’est un risque trop important. »