D’après le rapport indépendant The State of the Game, 94 % des clubs anglais seraient déficitaires. La situation est particulièrement alarmante en dehors de la Premier League : près des deux tiers des formations de l’English Football League (EFL), qui regroupe les deuxième, troisième et quatrième divisions, exerceraient leurs activités en situation d’insolvabilité.
Dans ce document de 245 pages, présenté comme un véritable signal d’alarme pour le football anglais, les auteurs pointent notamment l’augmentation des dettes et la dépendance excessive à l’égard des propriétaires. La hausse continue des salaires et des indemnités de transfert pousse les clubs à dépenser toujours davantage pour rester compétitifs, au risque de fragiliser durablement leurs finances.
Les chiffres illustrent l’ampleur des inégalités économiques entre les divisions. Lors de la dernière saison étudiée, un club de Premier League disposait en moyenne de revenus salariaux plus de huit fois supérieurs à ceux d’une équipe de Championship. Cet écart était quatre fois moins important en 1992, année de création de la Premier League.
La relégation représente également un facteur de risque. Les clubs qui quittent l’élite bénéficient d’indemnités destinées à faciliter leur transition vers la deuxième division. Mais certains continuent de dépenser massivement pour tenter de retrouver rapidement la Premier League, en constituant un effectif coûteux. Cette stratégie peut s’avérer dangereuse lorsque la remontée espérée ne se concrétise pas.
Des clubs incapables de survivre sans leurs propriétaires
Au-delà des pertes financières, le rapport met en évidence la vulnérabilité structurelle de nombreuses équipes. Plus de 60 % des clubs de l’EFL et de la National League seraient ainsi « techniquement insolvables ».
La dépendance au financement des propriétaires constitue l’un des principaux motifs d’inquiétude. Plus d’un quart des clubs concernés ne pourraient pas tenir plus d’un mois si leurs investisseurs décidaient de retirer leur soutien financier.
La dette des clubs de Premier League, qui représenterait à elle seule 75 % de l’endettement total du football anglais, est passée de 2,8 milliards de livres sterling lors de la saison 2020-2021 à 4,1 milliards en 2024-2025.
Selon les projections présentées dans le rapport, elle pourrait atteindre 5,1 milliards de livres d’ici la saison 2026-2027. L’explosion des salaires et des indemnités de transfert alimente cette tendance, y compris au sein de la division la plus riche du pays.













