Rudi Garcia a longuement pris la parole ce lundi devant les médias belges, pour revenir sur son passage à la tête des Diables rouges et sur son récent départ. Parmi les nombreux thèmes abordés, le coach français a livré l’une des raisons de son départ, à savoir le staff médical qui encadre la sélection belge.
« Une de mes conditions pour prolonger ? Améliorer le staff médical. On a mis notre Mondial à risque à cause de certaines blessures ou maladies qui n’ont pas été gérées correctement. Jeremy Doku, par exemple. Il a lui-même dit qu’il était parti aux urgences avant le premier match. Une semaine auparavant, sous mon insistance, et après avoir passé le relais à Vincent Mannaert pour ne pas perdre d’énergie avec le staff médical, on avait obtenu un rendez-vous pour un scanner. Le médecin a dit que ce n’était pas nécessaire parce qu’il lui avait donné des antibiotiques. Jeremy n’a pas voulu y aller parce qu’il se sentait mieux. Sauf que six jours après, il a passé la nuit aux urgences. Il avait joué contre l’Égypte et ce n’était pas le même Jeremy. Et on a fait un Mondial sans Jeremy Doku », a dénoncé l’ancien sélectionneur des Diables.
« Je me dis donc que je ne pouvais pas continuer en prenant le risque de revivre les mêmes choses. Je pense qu’on aurait pu aller beaucoup plus loin dans cette Coupe du Monde avec toutes nos forces », a-t-il poursuivi, avant de détailler les différents dossiers. « Onana, malheureusement, c’est la faute à pas de chance contre les États-Unis. Contre l’Espagne, Youri Tielemans s’arrête à l’échauffement. Il n’était pas réellement blessé au départ : après les États-Unis, il avait une surcharge au niveau d’un adducteur, si ma mémoire est bonne. Mais le staff n’a pas été en mesure de le remettre sur pied. Avant l’Iran, De Ketelaeare a un genou comme ça (NDLR : il mime) et il se fait ponctionner en matinée. Comment vous faites pour le titulariser, hein ? Et que dire de Zeno Debast dont on me garantit le rétablissement pour les seizièmes et qui en cours de rééducation, se blesse ailleurs faute de bonne gestion de son cas ? »
« Mes conditions n’étaient pas économiques »
Même s’il estime qu’il n’y avait que « deux chances sur dix » pour lui de rester au-delà de la Coupe du monde, au moment où il a signé son contrat chez les Diables, Rudi Garcia admet qu’une amélioration du staff médical aurait pu changer la donne. « Moi, puisque les conditions n’étaient pas remplies, j’ai décidé de ne pas continuer dès le lundi, quand on s’est appelé, Vincent et moi », explique-t-il. « Les deux parties ont dit stop. On était d’accord sur le fait de ne pas continuer parce que je n’ai pas senti qu’il allait dans mon sens. Et, pour que les choses soient très claires, c’est important : on n’a parlé ni de durée de contrat ni d’argent. Ce n’était pas ça. Mes conditions n’étaient pas économiques. Moi, je voulais pouvoir travailler dans de bonnes conditions ».
Et si le staff médical avait été amélioré ? « J’aurais peut-être utilisé mes deux chances sur dix de rester. Oui. Je n’étais pas fermé du tout. J’avais pris goût au pays. J’ai retrouvé en Belgique, et pas seulement chez les Wallons, cette bienveillance des gens du Nord. Je me suis pris d’affection pour le pays ».













