« S’il avait voulu rester, il ne se serait pas allongé sur le terrain en appelant les soigneurs » : Garcia revient sur la sortie de Courtois face à l’Espagne

« S’il avait voulu rester, il ne se serait pas allongé sur le terrain en appelant les soigneurs » : Garcia revient sur la sortie de Courtois face à l’Espagne - Jérôme Jordens

Quelques semaines après la fin de son aventure avec les Diables rouges, Rudi Garcia est revenu sur la Coupe du monde dans un long entretien à Sudinfo. Le Français est notamment revenu sur la sortie sur blessure de Thibaut Courtois, mais aussi sur la gestion du cas Romelu Lukaku.

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BELGA

Depuis la fin de la Coupe du monde, l’eau a coulé sous les ponts pour les Diables rouges. Désormais, le sélectionneur national s’appelle Mark Van Bommel. L’ancien coach de l’Antwerp a succédé à Rudi Garcia, dont le contrat n’a pas été prolongé après l’élimination en quart de finale, face à l’Espagne.

Une élimination que le Français a eu du mal à digérer, comme il l’a expliqué à nos confrères de Sudinfo. « Le retour vers Tubize a été très brutal », reconnaît le coach de 62 ans. « Il a fallu quitter les joueurs, le staff, sortir d’un tunnel émotionnel dans lequel tout le monde était encore plongé. Je suis resté complètement fermé au monde extérieur pendant quelques jours. »

Il reconnaît d’ailleurs que ce n’est qu’une fois que l’Espagne a battu la France en demi-finale qu’il a pu passer à autre chose et réaliser le parcours qui venait d’être accompli, une « performance majeure » selon lui.

Le Français est également revenu sur ce quart de finale face à l’Espagne, qui a basculé sur la faute de main de Senne Lammens, qui a permis à Merino de pousser le ballon au fond. Et la montée du portier de Manchester United avait d’ailleurs fait débat. Thibaut Courtois avait d’ailleurs affirmé qu’il aurait pu poursuivre malgré sa blessure, mais que c’est Rudi Garcia qui avait décidé de le remplacer.

Pour le Français, ce n’est pas vraiment ce qu’il s’est passé, même s’il admet toujours avoir une bonne relation avec le gardien du Real Madrid. « C’est même le premier à m’avoir envoyé un message quand mon départ est devenu officiel », révèle l’ancien coach de Lille.

« Pour ce qui est de sa blessure, vous connaissez Thibaut aussi bien que moi. S’il avait voulu rester, il ne se serait pas allongé sur le terrain en appelant les soigneurs », avance-t-il. « Quand on s’est rassemblé à la pause fraîcheur, il pouvait très bien me dire : « Je reste, ça va. » Au contraire, il a fait passer le message qu’il ne pouvait plus jouer normalement. Quand je l’ai vu, je lui ai demandé : « Qu’est-ce qu’on fait ? » Il m’a dit : « Encore cinq minutes ! » Mais à partir du moment où il fallait échapper au pressing de l’Espagne, qui était vraiment performante, il fallait trouver des solutions ».

Quant aux détracteurs qui affirment que Courtois aurait dû rester sur la pelouse. Garcia a une réponse claire pour eux : « Ils auraient été les premiers à tirer sur Thibaut et sur moi si, en continuant blessé, il avait pris le deuxième but ».

Rudi Garcia a ensuite applaudi la mentalité de Romelu Lukaku, tout au long du tournoi, malgré une condition physique loin d’être optimale. Le buteur des Diables rouges a d’ailleurs très bien compris son rôle de supersub : « Il a été exceptionnel. C’est un grand monsieur. Il ne s’est pas laissé emporter par son statut, ni par son envie légitime de commencer les matchs ».

Sa gestion des cadres a d’ailleurs été applaudie. Il n’a notamment pas eu peur de sortir Jérémy Doku et Kevin De Bruyne face au Sénégal pour tenter de renverser la vapeur. J’étais là pour gagner les matchs, pas pour faire plaisir à mes cadres », tranche directement Rudi Garcia.

Et comme pour Romelu Lukaku, l’ancien coach de la Roma a tenu à souligner le comportement exemplaire de Kevin De Bruyne, notamment « en encourageant constamment ses équipiers et en fêtant les buts inscrits », lorsqu’il était sur le banc face aux États-Unis. « La grande classe », résume simplement Garcia.

Désormais libre de signer où il le souhaite, le Français se verrait bien poursuivre l’aventure dans une sélection nationale : « Ça donne en tout cas envie d’y retourner et de revivre cette expérience, une Coupe du Monde ».