Le match qui a le plus fait parler est forcément celui du Standard, qui menait 1-3 et a été rejoint dans les dix dernières minutes suite à deux penaltys sifflés en faveur de Malines. Pour le premier, l’action semble claire, avec la faute de main de Fosso. « On en a discuté avec les clubs en présaison pour expliquer nos attentes. Dans ce cas-ci, le mouvement que le joueur fait, d’enlever son bras de l’arrière de son dos vers le ballon, et d’avoir un impact clair sur l’action, c’est la raison pour laquelle on doit accorder un penalty », analyse Jonathan Lardot.
Mais pour la deuxième phase, qui s’est déroulée dans les toutes dernières secondes du match, les choses semblent bien moins évidentes puisqu’en fonction des angles de caméra, l’action peut être jugée différemment. Pour Jonathan Lardot, la situation semble cependant limpide qui compare la phase avec une action de jeu plus habituelle entre deux joueurs de champs : « Un joueur qui joue clairement le ballon et de par son intervention correcte et sans mouvement supplémentaire fait un contact avec son adversaire, on ne peut pas dire que le contact est fautif. On parle d’une situation où le ballon est maîtrisé et clairement joué. Un petit contact très léger entre le pied et le ballon, et le joueur met ses crampons sur le pied de l’adversaire, tout le monde va comprendre qu’en fonction de l’intensité, c’est jaune ou rouge ».
Le patron des arbitres applique donc ensuite cette analyse à la phase polémique : « Ici, le gardien du Standard est pour moi en retard dans son intervention, mais je ne suis personne pour le juger. On voit clairement que l’attaquant arrive à pleine vitesse, joue le ballon également. Le ballon passe entre les mains d’Epolo, qui était à l’horizontal. Il y a peut-être un contact léger, mais aucun changement de direction. Il n’y a pas le changement de direction que l’on attend quand un gardien joue clairement le ballon avec une maîtrise. Ici, il n’y a aucun changement de direction et on voit que l’impact sur l’attaquant de Malines est présent et ça a un impact sur son action. On peut considérer éventuellement qu’il joue le ballon, mais non, ce n’est pas joué, c’est effleuré, il n’y a pas de maîtrise du ballon. Dans ces cas-là, on analyse la deuxième phase et le contact est évident, donc c’est penalty ».
Une autre décision a été pointée du doigt, celle d’annuler le but de Zulte Waregem face à l’Union Saint-Gilloise pour une faute sur Koffi. « Pour moi c’est clair qu’il n’y a pas faute », analyse Lardot. « L’attaquant a le droit de se positionner à l’endroit où il est positionné. Il a le droit d’être devant le gardien à partir du moment où il ne fait pas de mouvement ou de geste pour empêcher l’intervention du gardien dans une sortie aérienne. »
Le but devait donc être validé, mais il y a un autre problème dans cette phase : « Pour avoir une intervention du VAR, on doit revenir au délai du coup de sifflet. Et ça a été la problématique dans cette intervention. Le coup de sifflet a-t-il eu lieu avant ou après que le ballon a franchi la ligne ? C’est ce qui est déterminant. Si le coup de sifflet a eu lieu avant, le VAR ne peut pas intervenir. Et on s’est retrouvé dans cette situation très malheureuse ».
Enfin, lors de la rencontre entre Genk et Westerlo, une phase a beaucoup fait parler. Le ballon avait-il franchi la ligne lorsque Jungdal est allé rechercher le ballon de Bangoura ? « On a un sentiment très clair que le ballon a franchi la ligne », avoue l’ancien arbitre. « Comme je le dis tout le temps, le sentiment ne fait pas la réalité. C’est un ballon en l’air. C’est beaucoup plus simple à juger si le ballon est au niveau du sol. La goal line technology n’existe pas chez nous. Ce n’est pas une excuse. On doit pouvoir prendre les décisions sur le terrain. Mais ici, je veux bien qu’on parie, mais parier que le ballon a passé à 100 % la ligne, je ne le ferais pas. J’ai un gros sentiment, mais je n’ai pas la preuve, et sans la preuve, je comprends que le VAR n’intervienne pas. »
La question que tout le monde se pose est donc de savoir pourquoi la goal line technology n’est pas présente en Belgique. Pour Jonathan Lardot, le ratio entre le coût et l’utilisation n’est pas forcément intéressant : « Le budget est un élément majeur. Je ne donnerai pas de chiffre parce que je ne les maîtrise pas et je ne veux pas donner des chiffres qui ne reflètent pas la réalité, mais c’est très coûteux pour au final combien de décisions dans lesquelles on aura vraiment besoin de cette technologie ? »













