Le niveau de Remco Evenepoel inquiète après sa troisième place à Liège-Bastogne-Liège. Car même s’il a sauvé les meubles en arrachant le podium, il n’a pas réussi un seul instant à rivaliser avec Tadej Pogacar et Paul Seixas dans l’ascension de La Redoute. Pire, il n’a même pas semblé essayer. Ce qui inquiète évidemment beaucoup les observateurs à un peu plus de deux mois du Tour de France.
Car en rejoignant Red Bull cet hiver, Remco voulait passer un cap et tenter de rivaliser avec Pogacar, notamment. Mais, malgré de beaux résultats depuis le début de la saison, il n’a jamais su rivaliser dans les grands rendez-vous et il a toujours semblé en difficulté lorsque la route s’élevait. De quoi susciter beaucoup d’interrogations.
« Après ce Liège-Bastogne-Liège, une question s’impose : Evenepoel n’a-t-il pas plutôt fait un pas en arrière qu’en avant chez Red Bull ? », s’est questionné Wim Vos, le chef cyclisme du Nieuwsblad. « La façon dont Remco Evenepoel, sur le tronçon crucial de ce Liège-Bastogne-Liège, n’a même pas pu rivaliser une demi-seconde avec Pogacar et Seixas, c’était assez décevant. Chez Red Bull-BORA-hansgrohe, ils ont de quoi se gratter la tête. Cette année devait être celle où Evenepoel se rapprocherait de Pogacar, tant dans les courses d’un jour que dans les tours. L’écart devait se réduire. Mais après quatre mois sous contrat en Allemagne, c’est plutôt le contraire qui semble se produire. Cet Evenepoel est de moins en moins à la hauteur face à Pogacar ».
« Après quatre mois chez Red Bull, le grimpeur qu’est Evenepoel a plutôt fait un pas en arrière qu’en avant », a-t-il encore insisté. « À environ septante jours du rendez-vous le plus important de l’année, le Tour de France, cela mérite bien une analyse approfondie ».
« L’abdication assumée »
L’écho entourant la prestation d’Evenepoel était le même du côté de la France, où Eurosport s’est questionné par rapport à son attitude résignée. « On a tellement eu l’habitude de ne jamais le voir renoncer, encore plus sur les courses d’un jour, que ce Liège-Bastogne-Liège 2026 pourrait bien marquer un tournant dans la carrière de Remco Evenepoel », écrit le média français. « Pour la première fois, peut-être, depuis le début de ses affrontements avec Tadej Pogacar, le Belge n’a jamais semblé courir pour gagner. Lui qui, jusqu’ici, s’est toujours jeté dans la bataille avec la victoire pour seule boussole, quitte, ces derniers temps, à s’aveugler face à la domination du Slovène, a évolué ce dimanche à contre-courant de sa nature ».
« Il ne s’est jamais déhanché dans la montée, comme si la lutte pour la victoire entre Tadej Pogacar et Paul Seixas ne le concernait pas le moins du monde. Comme si le podium était l’objectif du jour du champion olympique. Comme si c’était normal de se contenter de ça », a poursuivi Eurosport, qui a ensuite ressorti sa déclaration d’après course.
« C’était compliqué, mais cette 3e place est encore un beau résultat. Je dois être content. C’est un bilan positif ». « Pour le commun des mortels, sans doute », rétorque le média français. « Mais pour Remco Evenepoel, ce podium a plutôt les saveurs de l’amertume. S’en contenter, dès lors, ressemble moins à de la lucidité qu’à un renoncement inattendu. Comme si le Belge avait sonné lui-même le glas de ses rêves de lutter à armes égales avec Pogacar. Ou même avec Seixas. Et cette défaite-là fait plus mal qu’une simple 3e place ».













