Remco Evenepoel débutera vendredi sa campagne canadienne avec le GP de Québec. Une course qu’il considère comme un véritable objectif, même si le parcours lui correspond théoriquement moins que celui de Montréal.
« Québec est peut-être, sur le papier, celle qui doit le moins me convenir des deux, mais j’ai aussi évolué en tant que coureur », explique le Belge auprès de Wielerflits. La modification du final québécois semble d’ailleurs lui convenir davantage : « J’ai pu travailler un peu plus cette capacité d’explosivité ces dernières semaines. C’est un effort dont j’aurai encore besoin dans les prochaines semaines pour retrouver mon meilleur niveau. Avec la finale de Québec qui a été légèrement modifiée, c’est en fait mieux pour moi, avec une partie très raide au début puis une portion un peu plus plate jusqu’à l’arrivée. »
Evenepoel ne cache donc pas ses ambitions. Il veut jouer la victoire aussi bien à Québec qu’à Montréal, même s’il a déjà une préférence claire entre les deux rendez-vous : « J’ai des ambitions pour les deux courses et je veux essayer de les gagner. Ce sont deux très belles épreuves du WorldTour. Québec est en plus une course très spéciale : il peut se passer quelque chose à chaque tour, comme nous l’avons vu l’année dernière, lorsqu’un groupe est parti et n’a jamais été repris. Ce serait vraiment très beau d’en gagner une. Peu importe laquelle. De préférence les deux. »
Avant d’ajouter, avec le championnat du monde déjà dans un coin de sa tête : « Mais si je dois choisir, j’aimerais un peu plus gagner Montréal dans trois semaines que Québec maintenant. »
Pas peur d’un sprint
Si la décision devait se jouer dans la montée finale de Québec, Evenepoel estime également avoir les armes pour s’imposer au sprint : « Sur l’ancien parcours, j’aurais dit non, mais maintenant j’ose affronter au sprint des coureurs qui sont naturellement plus rapides que moi. Nous avons une très forte équipe au départ. Mattia Cattaneo et Maxim Van Gils peuvent réaliser un très gros effort dès le pied de la montée. »
La configuration de la finale pourrait justement favoriser ce scénario : « Il y a environ 1,8 kilomètre entre le pied et l’arrivée. Cela change complètement la manière de sprinter, surtout que la montée vers l’arrivée est désormais encore un peu plus raide qu’avant. Si je n’ai pas d’autre choix, je tenterai ma chance. Ou alors nous devrons essayer de réduire le groupe afin que je puisse sprinter avec quelques coureurs. J’ai déjà prouvé plusieurs fois cette année que je pouvais gagner ce genre de sprint avec un petit groupe. »
Deux jours après Québec, Evenepoel découvrira une nouvelle fois le parcours de la GP de Montréal, largement similaire à celui du championnat du monde qui se disputera deux semaines plus tard : « Il est difficile de cacher des choses à Montréal. C’est vraiment un parcours très honnête. Faire dix-sept fois ces montées provoque énormément de fatigue dans les jambes et cela pèsera vraiment en fin de course. Le championnat du monde fera encore environ 70 kilomètres de plus, donc ce sera encore plus long et plus difficile. »
La course aura donc aussi une valeur d’apprentissage pour le Belge, qui veut profiter de chaque passage pour analyser le circuit : « Il s’agit surtout de trouver les bonnes sensations dans la montée, de voir à quelle vitesse on la franchit, d’observer la descente et de découvrir quelle partie du parcours peut représenter un danger caché pour les attaques. C’est un parcours très spécifique et un circuit très court, donc on en fait rapidement le tour. »
Il veut également se tester physiquement : « Il faut retrouver les sensations sur une course en circuit, car cela fait longtemps que je n’en ai plus disputé. Et il faudra plusieurs fois aller vraiment dans le rouge pour obtenir une bonne stimulation en vue du Mondial. »
Devenir double champion du monde
Derrière cette campagne canadienne, Evenepoel poursuit un objectif particulièrement ambitieux : décrocher les deux titres mondiaux à Montréal, sur la course en ligne et le contre-la-montre. « Je vais prendre les courses les unes après les autres. D’abord Québec, puis Montréal et ensuite le contre-la-montre. Parce qu’on ne peut pas devenir double champion du monde si on ne gagne pas le contre-la-montre », lance-t-il avec le sourire.
Avant de préciser : « Devenir double champion du monde est de toute façon un objectif dans ma carrière. J’ai réussi à le faire aux Jeux olympiques, mais un championnat du monde est encore différent, parce qu’on peut ensuite rouler avec ces deux maillots. »
Pour la course en ligne, Evenepoel pourra compter sur Wout van Aert comme deuxième leader de la sélection belge. Une situation qu’il juge parfaitement logique au regard des qualités des deux coureurs et du profil du parcours : « Je pense qu’il est tout à fait logique que nous prenions le départ avec deux leaders. Nous avons tous les deux prouvé ces dernières années que nous étions quasiment toujours au rendez-vous lorsque nous voulions l’être. Et c’est un parcours qui devrait très bien lui convenir. »













