Après quinze années chez les professionnels, Pello Bilbao quitte le peloton avec le sentiment d’avoir exploité au maximum ses capacités. Le coureur de Bahrain Victorious a disputé sa dernière course lors du Tour de Lombardie, conclu à la septième place le 10 octobre. Il laisse derrière lui un palmarès de 17 victoires, mais aussi une réflexion sur l’évolution du cyclisme et la place laissée aux autres coureurs face aux champions dominants.
Dans les colonnes de Marca, le Basque a notamment évoqué la difficulté de prendre le départ d’une course avec l’ambition de gagner lorsque Tadej Pogacar figure parmi les concurrents : « Bien souvent, cela signifiait ne pas avoir cette envie de gagner, ou ne pas croire en ses chances de victoire, et devoir se contenter de la deuxième, de la troisième place, ou de la meilleure position possible. »
Bilbao se souvient d’une époque où les favoris pouvaient connaître une journée sans et laisser une ouverture à leurs adversaires : « Avant l’apparition de ces coureurs exceptionnels, je disais que chaque phénomène avait son jour sans, ou pouvait en avoir un. Personne n’était invincible, du moins c’est ce que je pensais. »
Pour Pello Bilbao, cette supériorité s’explique aussi par les progrès réalisés dans la préparation des coureurs : « Mais ces dernières années, grâce aux progrès de la science et de la nutrition en particulier, tout est très mesuré, très contrôlé. Et une machine prodigieuse qui ne flanche jamais, qui maîtrise tout, est une machine à gagner », a analysé l’ancien coureur de Bahrain Victorious.
Même les coureurs talentueux, capables de préparer minutieusement leurs objectifs et de développer des stratégies ambitieuses : « On ne peut pas faire grand-chose contre ces machines. Bien souvent, quels que soient le talent et la tactique déployés, il est difficile de rivaliser quand les écarts sont si importants. »
Malgré cette frustration, Bilbao ne considère pas que la présence de champions aussi dominants soit uniquement négative : « D’un côté, courir contre ces coureurs exceptionnels est une motivation, car on voit le spectacle grandir et ils ont contribué à la grandeur du cyclisme. Mais on porte aussi le fardeau de savoir qu’il est très difficile de se battre pour la victoire. »
Pello Bilbao quitte le cyclisme professionnel avec plusieurs performances de référence à son actif. En 2023, il avait remporté une étape du Tour de France et terminé la Grande Boucle à la sixième place, son meilleur classement final sur l’épreuve.
Le Basque s’était également illustré sur le Tour d’Italie, qu’il a terminé deux fois à la cinquième place. Lors de l’édition 2019, il avait en outre remporté deux étapes, confirmant ses qualités de grimpeur et sa capacité à briller sur les courses par étapes.













