« J’étais en colère contre Lipowitz et c’était justifié » : Remco règle ses comptes !

« J’étais en colère contre Lipowitz et c’était justifié » : Remco règle ses comptes ! - Samuel Guadi

Au terme de la redoutable 6e étape et du passage sur le col du Tourmalet, Remco Evenepoel sait désormais à quoi s’en tenir sur le niveau des patrons de cette Grande Boucle. Il s’est présenté sur la ligne d’arrivée particulièrement agacé.

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L’humeur du champion belge était loin d’être festive au micro de Sporza. En cause ? Un sérieux couac stratégique et un manque de soutien de la part de son coéquipier Florian Lipowitz dans le final. Evenepoel n’a pas caché sa frustration au moment de débriefer cet incident de course : « J’avais demandé un relais et je ne l’ai pas eu. Oui, j’étais en colère et c’était justifié. Au Tour de Catalogne, j’ai roulé en tête pour lui pendant 30 kilomètres. Là, j’ai demandé de faire un kilomètre de travail devant et ça n’a pas été possible. Ça m’a mis en colère et il va falloir qu’on en discute sérieusement ce soir. »

Au-delà de ces tensions internes, le Belge a analysé la démonstration de force d’UAE Emirates dans le Tourmalet, expliquant sa stratégie de gestion de l’effort : « C’était plutôt correct. J’ai fait ce que je pouvais faire. De toute façon, je n’avais pas l’intention de me mettre dans le rouge à la fin du Tourmalet, car il restait encore une longue descente. UAE a roulé à un rythme extrêmement soutenu. Nous roulions déjà assez vite nous-mêmes, mais eux allaient extrêmement vite. »

C’est précisément dans la descente que le coureur belge a fait parler sa classe technique pour recoller au premier groupe de contre, reprenant du terrain sur ses rivaux directs. Interrogé avec humour sur le fait que la moto de la télévision avait du mal à le suivre, il a lâché un large sourire : « Elle n’arrivait pas à me suivre ? (sourire). Je savais qu’avec mes qualités de descendeur, je pourrais revenir sur le groupe devant moi (composé de Del Toro, Lipowitz et Seixas). J’avais un retard de 15 à 20 secondes. Il le fallait bien, mais je connais assez bien cette montée et cette descente. Et je sais que je descends bien. L’objectif était d’y aller à bloc en prenant des risques calculés. Mais ma tactique finale était simple : ne pas aller complètement au-delà de mes limites en montée et descendre très vite. »

« Certains préféraient encore une fois sucer les roues »

Une fois revenu dans le groupe de chasse, Evenepoel a cependant regretté l’attentisme et le manque de collaboration de ses compagnons d’échappée pour tenter de refaire leur retard sur Jonas Vingegaard, alors intercalé en deuxième position : « Je comprends que Del Toro et Sepp Kuss ne roulent pas, mais Lidl-Trek avait deux coureurs et ils n’ont pas voulu rouler tout de suite. Je me suis dit : qu’est-ce que vous avez à perdre ? Si on collabore, on peut peut-être revenir sur Jonas. Mais certains coureurs préféraient encore une fois sucer les roues. »

Au cours de cette poursuite, on a d’ailleurs vu le champion belge poser brièvement sa main sur l’épaule du jeune prodige français Paul Seixas : « S’il y avait un problème entre nous ? Non, je ne l’avais pas compris. Il m’a dit qu’il ne comprenait pas non plus pourquoi certains coureurs refusaient de passer les relais et restaient dans les roues. Je lui ai répondu que c’était ça le Tour, et que ce ne serait pas la dernière fois. »

Désormais installé à la 4e place du classement général provisoire, le leader de la Red Bull-Bora-hansgrohe refuse de s’avouer vaincu : « Oui, beaucoup de choses sont encore possibles, mais Jonas est également en très bonne forme. Il ne faut pas l’oublier. »