Christian Prudhomme savoure la venue de Seixas sur le Tour : « Il ne vient pas pour faire de la figuration »

Christian Prudhomme savoure la venue de Seixas sur le Tour : « Il ne vient pas pour faire de la figuration » - Samuel Guadi

C’est officiel : le prodige de 19 ans sera bien à Barcelone le 4 juillet. Pour le patron de la Grande Boucle, l’enthousiasme généré par le Lyonnais est sans précédent depuis l’époque de Bernard Hinault.

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AFP

Après des mois d’interrogations sur la gestion de sa progression, Paul Seixas va plonger dans le grand bain du Tour de France. Pour Christian Prudhomme, ses performances éclatantes depuis février ont fini par balayer les doutes liés à son jeune âge : « On avait très envie de le voir au départ du Tour de France. Mon avis avait d’ailleurs considérablement évolué. Je disais : « S’il ne vient pas, on ne lui en voudra pas parce qu’il est très jeune ». Ensuite, je me suis dit : « Vu ses performances, s’il vient, on ne lui en voudra pas non plus ». Évidemment, nous sommes très heureux. »

Le directeur du Tour n’hésite pas à remonter près de cinquante ans en arrière pour trouver un point de comparaison à une telle attente pour un coureur tricolore : « Pour le vieux griot que je suis de 65 ans, ça n’est plus arrivé pour un coureur français depuis Bernard Hinault en 1978. […] On attend une victoire française depuis 1985. Paul Seixas n’est clairement pas le favori, mais le voir aux côtés de Pogačar et Vingegaard, c’est quelque chose de très fort. D’autant qu’il ne vient pas pour faire de la figuration. »

Si la victoire finale semble promise au duel entre le Slovène et le Danois, Prudhomme estime que Seixas, par son tempérament offensif et son talent pur, peut bousculer la hiérarchie : « Ça ne semble pas illusoire. […] Il est capable d’attaquer de loin, partout. Il y a l’insouciance de la jeunesse. Ce sera le plus jeune coureur au départ du Tour depuis 1937, et avec des ambitions. C’est quelque chose d’énorme. »

Reste l’inconnue de la pression. Dans un pays qui se cherche un successeur à Hinault depuis des décennies, le statut de phénomène semble difficile à porter sur trois semaines de course : « On dit tous qu’il faut le protéger de la pression, mais en fait, on fait tout pour le mettre en avant. La récupération est capitale. Julian Alaphilippe passait énormément de temps avec les gens en 2019, mais à un moment, ça use. Je ne sais pas s’il fera aussi bien que Léon Marchand aux Jeux, mais ça peut beaucoup influer sur sa carrière. »