C’est une petite phrase d’Antonio Morgado, coéquipier du Slovène, qui a mis le feu aux poudres. Selon le coureur portugais, Pogačar avait crevé de la roue arrière dans le final de Roubaix : « On aurait dit qu’il avait un problème avec le pneu arrière. Quand nous avons vérifié le vélo, quelque chose ne tournait pas rond. Il semblait qu’il avait une crevaison à l’arrière. »
Cette révélation pourrait changer la lecture du duel épique entre les deux champions, où Pogačar a échoué à quelques mètres de compléter sa collection de Monuments. Interrogé sur le sujet lors de sa célébration au Service Koers, Wout van Aert semblait surpris : « C’est la première fois que j’en entends parler. En Belgique, on n’a pas versé une goutte d’encre là-dessus. Ça n’en avait pas l’air, je peux le dire. J’ai revu ce sprint une centaine de fois, et ça ne ressemblait pas à un pneu crevé. Mais bien sûr, c’est possible. »
Au-delà de cette polémique technique, le champion belge de 31 ans est revenu sur la sérénité inhabituelle qui l’habitait dans le dernier kilomètre : « Je voulais vraiment être en deuxième position à l’entrée de la piste. Dans mon souvenir, ça s’est fait sans que j’aie à fournir trop d’efforts. Je ne pense même pas qu’il ait essayé de me forcer à passer devant. À partir du dernier kilomètre, je n’étais plus nerveux. Tout semblait très calme, voire lent. »
Lucide, Van Aert a également reconnu la part de réussite nécessaire pour s’imposer dans l’Enfer du Nord, pointant notamment les malheurs de son rival de toujours Mathieu van der Poel : « À Roubaix, les choses ont simplement tourné en ma faveur. La malchance de Mathieu détermine une grande partie de la course. J’ai eu relativement peu de problèmes, ou du moins pas aux pires moments. Cela joue un rôle aussi. »













