L’élimination de Jannik Sinner est plus qu’une énorme surprise. En plus d’être le grand favori de ce Roland-Garros, il avait hésité d’un tirage très clément, avec toutes les autres cadors dans la partie basse du tableau. De fait, qui pourrait devenir le finaliste de la partie haute ? Voici quelques noms à surveiller.
Forza Italia : Flavio Cobolli et Luciano Darderi
Tête de série numéro 10, Flavio Cobolli a connu des hauts et des bas sur sa saison de terre battue. Éliminé assez rapidement à Monte Carlo, Rome et Hambourg, il a également fait une finale à Munich et un beau quart à Madrid. À l’aise sur terre battue où il a déjà battu Holger Rune ou encore Alexander Zverev, l’Italien a clairement sa carte à jouer.
Il en va de même pour Luciano Darderi qui joue un beau tennis depuis plusieurs semaines. Il a notamment sorti Tommy Paul, Alexander Zverev et Rafael Jodar à Rome avant d’enfin chuter en demi-finale contre Casper Ruud. Dans le même moule que Cobolli, un joueur tenace dans l’échange sans réel coup extrêmement fort mais complet.
Gros avantage pour Darderi : sa partie de tableau semble être la plus simple. Comesana, Rinderknech, Berrettini, Juan Manuel Cerundolo, Landaluce ou Kopriva : rien de terrifiant dans les prochains tours. La route vers le quart de finale est presque toute tracée.
Les deux favoris… si l’on suit le classement
Sur le papier, Félix Auger-Aliassime et Ben Shelton devraient être les favoris naturels de la partie haute derrière Sinner. Têtes de séries 4 et 5 de Roland-Garros, ils sont solidement installés dans le top 10 mondial. Mais, parce qu’il y a forcément un « mais », leur niveau fluctue beaucoup, surtout sur terre battue.
Félix n’a pas passé plus de deux tours dans un tournoi sur terre battue cette année et a dû batailler pendant cinq sets contre Daniel Altmaier, ne s’en sortant qu’au super tie-break. Si l’on se souvient de son incroyable presque-victoire contre Rafael Nadal en 2022, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Deux éliminations au premier tour contre Fognini en 2023 et Arnaldi en 2025, entrecoupée d’une humiliation contre Alcaraz en huitièmes en 2024.
Le constat est similaire pour Shelton. Une victoire en trompe-l’œil à l’ATP 500 de Munich (une terre battue assez particulière) mais surtout deux éliminations au premier tour à Madrid et Rome. Sans doute plus régulier sur la dernière année que son comparse canadien, Ben Shelton peut le faire… mais ça sera compliqué.
La fratrie Cerundolo
Difficile de ne pas parler des favoris sans citer… Francisco Cerundolo. Intrinsèquement, peut-être le joueur le plus talentueux de cette partie de tableau. Il possède l’un des tous meilleurs coup droit du circuit, rivalisant avec ceux d’Alcaraz et de Sinner (oui oui). Malheureusement, le reste de son jeu n’est absolument pas du même acabit. Le pire reste la tête. Malgré toutes ses qualités, Cerundolo est le type de joueur qui ne supporte pas l’étiquette de favori ou de joueur attendu au tournant. Il excelle là où on l’attend le moins. Et cela se ressent dans ses résultats : malgré 16 tops 10 accrochés à son tableau de chasse en carrière, il n’a jamais dépassé les huitièmes en Grand Chelem. Surpris l’an dernier par Gabriel Diallo au premier tour, Francisco va devoir jouer le tennis le plus appliqué de sa carrière s’il veut aller en finale.
Difficile ne pas mentionner Juan Manuel Cerundolo, le petit frère, qui vient de s’offrir le scalp de Jannik Sinner, certes diminué. Mais il ne faut pas minimiser la performance, le tennis est rempli de matchs où l’adversaire se met à déjouer face à un joueur blessé. Cerundolo a fait preuve d’une concentration déconcertante, d’un sérieux total jusqu’au tout dernier point du match. Son tennis n’est pas le plus flamboyant, il s’agit avant tout d’un joueur défensif, qui fait des « ronds » et force l’adversaire à partir à la faute. Sans doute un peu trop limité pour aller jusqu’en finale mais sait-on jamais.
D’autres outsiders ?
On ne va pas citer l’ensemble des joueurs du tableau mais certains noms peuvent créer la surprise cette année. Stefanos Tsitsipas, en perdition totale depuis de nombreux mois, n’a pas été ridicule sur terre battue en 2026 mais n’a pas souvent eu de chance dans les tirages au sort. Frances Tiafoe et Hubert Hurkacz ont un passif en Grand Chelem, même si la terre battue ne leur a pas vraiment souri par le passé, ils connaissent la pression de jouer en quarts de finale d’un GC. Le Chilien Alejandro Tabilo est plutôt à l’aise sur terre, tout comme Matteo Arnaldi.
Pourquoi pas Raphaël Collignon après tout ? Quoi qu’il en soit, le tableau est extrêmement ouvert et bien heureux celui qui arrivera à prédire l’affiche finale de ce Roland-Garros 2026.













