C’est un boycott assez surréaliste qui est en train de se dérouler du côté de la Lazio. Réservée aux réabonnements, la première session de vente s’est soldée par un bilan famélique d’un peu plus de 2 000 réabonnements enregistrés, marquant un effondrement colossal par rapport aux 29 918 souscriptions enregistrées l’an dernier et scellant ainsi un taux de non-renouvellement de 93 %.
Alors qu’une deuxième phase ouverte à l’ensemble du public a démarré ce 23 juillet, la Lazio glisse inexorablement vers son pire résultat financier et populaire en billetterie depuis le début du mandat de Claudio Lotito en 2004, menaçant de battre le triste record de l’été 2016 où seulement 4 000 passionnés s’étaient abonnés.
Cette désertion organisée du Stadio Olimpico de 70 634 places ne vise pas l’équipe première désormais entraînée par Gennaro Gattuso, mais cherche délibérément à asphyxier les finances du club afin d’obliger le propriétaire à vendre. La colère populaire, alimentée par une triste 9e place en Serie A et la vente de figures emblématiques comme Ciro Immobile, Felipe Anderson ou Sergej Milinković-Savić, s’exprime ouvertement dans la pétition du 13 février initiée par La Voce Della Nord.
Aucune intention de vendre
Ayant récolté 45 000 signatures pour exiger le départ de la direction, le principal groupe ultra y déplore ouvertement que les tifosi romains n’ont « plus rêvé depuis que Claudio Lotito a pris possession du club ». Le collectif dénonce également l’absence de trophées depuis 2019 et s’insurge contre le fait « qu’aucun joueur capable de faire vibrer le cœur des jeunes et des moins jeunes n’a rejoint le club ». Le groupe Ultra va plus loin dans ses accusations en regrettant que de nombreux supporters se retrouvent désormais « entravés de toutes les manières ».
Malgré des affluences en chute libre autour de 30 000 spectateurs en moyenne, le plus bas depuis 10 ans hors COVID, et une manifestation d’envergure ayant rassemblé des milliers de personnes dans les rues de Rome le 2 juillet, Claudio Lotito ne montre aucune intention de céder le pouvoir. Interrogé en conférence de presse le 21 juillet dernier au sujet du rachat de la Reggina et du risque d’une situation de multipropriété en cas de montée du club de Serie D, le dirigeant romain a balayé les inquiétudes avec froideur : « J’ai demandé à la Serie A de restaurer le modèle de multipropriété. C’est une question de politique sportive, et non pas un souci personnel. »
L’enceinte de la Lazio risque d’être de nouveau bien vide l’année prochaine, peut-être encore plus qu’elle ne l’a jamais été.













