Les supporters floridiens sont à bout. Ils dénoncent un manque de considération profond de la part des joueurs, qu’ils jugent de plus en plus déconnectés de leur public depuis plusieurs semaines : « Les joueurs n’ont montré aucun respect pour La Familia. Ils ne sont même pas venus nous saluer après les matchs, alors que certains arrivent dès 11 heures du matin pour tout installer dans le stade. Sans parler du fait que nous chantons à pleins poumons pendant plus de 90 minutes. Le seul joueur qui est venu nous saluer, c’est Noah Allen, et tous les autres sont rentrés directement aux vestiaires. »
Pendant l’essentiel de la rencontre, le virage est resté désespérément muet, privé de ses habituels tambours, drapeaux et chants. Il a fallu attendre la 85e minute pour que la tribune ne sorte de son mutisme, non pas pour encourager l’équipe, mais pour entonner un refrain piquant : « Joueurs, saluez vos supporters, reconnaissez votre peuple, qui ne vous demande rien d’autre ». Une harangue qui a visiblement agacé Lionel Messi, le capitaine argentin répondant par un geste d’irritation de la main en direction des contestataires.
Loin d’arranger les choses, le protocole de fin de match a définitivement acté la rupture. Si les jeunes pousses de l’effectif et les dernières recrues ont fait l’effort de se diriger vers la tribune Nord pour tenter de rabibocher les morceaux avec La Familia, les superstars de l’équipe ont choisi le boycott. Lionel Messi, Luis Suarez et Rodrigo De Paul ont ostensiblement ignoré les grévistes, saluant le reste du stade avant de s’engouffrer directement dans le tunnel.
Buteur lors de cette soirée, l’attaquant Germán Berterame s’est montré plutôt compréhensif envers la colère des fans : « C’était évidemment surprenant, mais ils ont raison, car ils méritent notre reconnaissance. »
De son côté, l’entraîneur Guillermo Hoyos a préféré botter en touche pour s’éviter une crise médiatique : « L’Inter Miami est un grand club grâce à ses joueurs, champions et détenteurs de nombreux titres. Les supporters ont manifesté, mais je n’ai pas d’opinion à ce sujet. »













