« Parfois, on est comme à l’armée » : Danylo Sikan ne tarit pas d’éloges pour Vitor Bruno

« Parfois, on est comme à l’armée » : Danylo Sikan ne tarit pas d’éloges pour Vitor Bruno - Samuel Guadi

Auteur de cinq buts lors des six matches européens disputés par Anderlecht durant les tours préliminaires, Danylo Sikan semble avoir changé de dimension depuis le début de la saison.

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Jill Delsaux

Danylo Sikan n’a pas toujours été en mesure de montrer son véritable niveau depuis son arrivée à Anderlecht en janvier dernier. L’attaquant ukrainien révèle dans une interview pour Sudinfo avoir évolué durant plusieurs mois avec des douleurs persistantes aux adducteurs, avant qu’une opération ne permette de mettre fin à cette période compliquée.

« Quand je suis arrivé en Belgique, j’ai directement senti que quelque chose n’allait pas au niveau de mes adducteurs, des deux côtés. J’ai commencé à ressentir des douleurs et de l’inconfort. Un médecin m’a dit que c’était un problème de nerf au niveau du pubis. Pendant six mois, j’ai continué à m’entraîner et à jouer, mais toujours avec de la douleur. Un jour, je m’entraînais et le lendemain, je devais me reposer parce que j’avais trop mal », explique-t-il.

La situation était d’autant plus difficile à vivre qu’il venait tout juste de rejoindre le Sporting : « Je me sentais mal parce que je venais d’être transféré à Anderlecht et que j’étais blessé. C’était dur. On a essayé différentes choses : cela m’aidait un jour, mais c’était pire le lendemain. J’ai finalement été à Londres pour consulter un spécialiste. Il m’a dit que ce n’était pas une pubalgie, mais autre chose, et qu’il fallait m’opérer. »

Même après son retour, les douleurs n’avaient pas totalement disparu : « Je suis arrivé en janvier, j’ai joué directement et j’ai eu mal tout aussi instantanément. Quand je suis revenu en fin de saison après mon opération, j’ai joué contre Malines en playoffs. J’ai donné une passe décisive en première période et je me sentais bien. Mais en deuxième période, j’avais de nouveau mal. Trois jours plus tard, j’ai marqué deux buts contre Saint-Trond, mais je ressentais encore la douleur. »

Un football différent avec Bruno

Sikan constate également une évolution importante dans le style de jeu d’Anderlecht. Le Sporting cherche désormais davantage à construire collectivement : « On joue un football différent. Quand je suis arrivé ici en janvier, on jouait trop souvent de longs ballons vers l’avant. Aujourd’hui, nous développons un autre football, dans un style voulu par le coach. Il me demande de venir plus bas sur le terrain pour participer au jeu. Mais je reste un attaquant : je ne suis pas un numéro 10 ou un ailier. »

Le changement ne concerne toutefois pas uniquement les consignes offensives : « Ce qui m’a marqué depuis le début de la saison, c’est qu’on joue en équipe. On défend ensemble, on attaque ensemble. C’est très différent de la saison dernière, où nous manquions de stabilité à tous les niveaux. Aujourd’hui, j’ai vraiment l’impression qu’on est en train de construire quelque chose. Quelque chose de spécial. »

Sikan se montre particulièrement élogieux envers Vitor Bruno. L’entraîneur portugais impose un cadre strict, le coach ne se contente pas de demander à son équipe de s’adapter à l’adversaire : « Peu importe que l’équipe adverse joue avec quatre, cinq ou six défenseurs, il veut que nous dominions l’intégralité du match. Pour nous, c’est parfait. Il est exactement pareil à l’entraînement que les jours de match. Honnêtement, je n’avais jamais eu un coach comme lui. Parfois, on est comme à l’armée. Voilà ce que je peux dire. La discipline est poussée très loin. »

Aller loin en Europe

Après avoir contribué à la qualification d’Anderlecht pour la phase de championnat de l’Europa League, l’attaquant ukrainien se projette désormais avec ambition : « Le club et le coach font tout pour qu’Anderlecht retrouve les sommets et gagne des trophées comme par le passé. Peut-être que ce sera déjà cette saison, peut-être lors de la suivante. Mais je sens qu’on peut faire quelque chose avec ce groupe. Il se passe quelque chose. »

Enfin, Sikan se réjouit de retrouver les grandes soirées européennes, lui qui avait déjà marqué en Ligue des champions avec le Shakhtar Donetsk : « Quand vous jouez en Ligue des champions, c’est un tout autre style de football qu’en championnat. Il n’y a sans doute pas une si grande différence avec l’Europa League que nous allons jouer. J’ai hâte. Grâce à cette compétition, nous allons gagner en expérience et devenir meilleurs. »