« Je ne suis tout simplement pas fan » : Olivier Deschacht revient sur la polémique autour du foot féminin

« Je ne suis tout simplement pas fan » : Olivier Deschacht revient sur la polémique autour du foot féminin - Samuel Guadi

Après avoir suscité de vives réactions avec ses propos sur le football féminin, Olivier Deschacht est revenu sur la controverse dans le podcast « Ongefilterd ». L’ancien défenseur d’Anderlecht affirme ne pas avoir voulu manquer de respect aux joueuses.

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BELGA

Début octobre, Olivier Deschacht avait déclenché une polémique après des déclarations sur le football féminin dans le podcast « Ongefilterd », auquel participaient notamment Stijn Stijnen et Radja Nainggolan. Ses commentaires avaient provoqué de nombreuses réactions, obligeant l’ancien défenseur d’Anderlecht à s’expliquer publiquement.

Dans le nouvel épisode diffusé ce 13 octobre, la discussion s’est à nouveau portée sur la discipline et sur les moyens de la rendre plus attractive. Deschacht a d’abord reconnu qu’il aurait pu choisir ses mots différemment : « « Je n’aime pas regarder ça » ou « ça ne m’intéresse pas » aurait peut-être été mieux. Ça a peut-être pu paraître désobligeant, mais ce n’était pas mon intention. Je ne suis tout simplement pas fan de cette discipline. »

L’ancien international belge a ensuite insisté sur les différences qu’il perçoit entre le football masculin et le football féminin : « Je trouve cette différence trop grande. Je ne suis pas non plus fan du tennis féminin. Non pas parce que ce sont des femmes, mais parce qu’il y a trop de jeu en fond de court. »

Radja Nainggolan évoque un manque d’attractivité

Ces déclarations ont alimenté le débat entre les participants du podcast. Radja Nainggolan a notamment estimé que les différences physiques entre les hommes et les femmes se répercutaient sur le rythme des rencontres : « Il faut forcément le comparer au football masculin. Les buts sont de la même taille, les distances sont identiques et les matchs durent aussi longtemps. C’est simplement beaucoup plus lent que chez les hommes. Pourquoi pensez-vous que les sponsors ne soutiennent que le football masculin ? Parce que ce n’est tout simplement pas assez attractif pour y investir de l’argent. Vous n’avez pas envie de regarder ça ? Alors vous ne le faites pas. Je ne comprends pas tout ce tapage. »

De son côté, Deschacht a tenu à rappeler qu’il respectait le travail des joueuses et les efforts qu’elles fournissent au quotidien. Il affirme que ses critiques concernent uniquement ses préférences de spectateur : « Ces filles s’entraînent très dur, peut-être même plus dur que nous. Je n’ai rien contre les femmes ni contre le football féminin. C’est simplement quelque chose que je n’aime pas regarder. Peut-être faudrait-il apporter des changements pour rendre ce sport plus attrayant ? Je ne sais pas. Je vais m’arrêter là. »

Stijn Stijnen, ancien gardien du Club Bruges et autre intervenant du podcast, s’est quant à lui étonné de l’ampleur prise par la controverse. Il a notamment critiqué les personnalités médiatiques qui ont défendu le football féminin après les déclarations de Deschacht : « À mes yeux, certaines personnes issues des médias cherchent à se mettre en avant. Elles ont instrumentalisé le football féminin. Des gens qui, selon moi, ne regardent jamais le football féminin, avaient soudainement un avis bien arrêté sur Olivier. Et cela me dérange énormément. »

Stijnen a également estimé que les critiques adressées à son collègue auraient dû davantage porter sur la manière de soutenir concrètement la discipline : « Tous ceux qui ont réagi et critiqué Olivier, sans penser qu’il a lui aussi des enfants scolarisés, feraient mieux de s’intéresser davantage au football féminin lui-même. Si on les additionne, je me demande pourquoi il n’y avait que 20.000 spectateurs pour le match PSG-OH Leuven. Ils feraient mieux de réfléchir à la manière dont on peut aider le football féminin. »

Réduire la taille du terrain pour rendre le jeu plus attractif ?

Pour Stijnen, la question de l’attractivité du football féminin doit être abordée de manière concrète. L’ancien gardien a notamment évoqué la possibilité de modifier certaines dimensions du terrain : « Voyons comment on peut rendre le football féminin intéressant. Cela tient aux capacités physiques des femmes. Peut-on réduire la taille du terrain ? Sont-elles ouvertes à cette idée ? Pourquoi pas ? Nous souhaitons également que le football féminin soit soutenu. »

Enfin, Stijnen estime enfin que la volonté de promouvoir le football féminin ne doit pas empêcher les observateurs d’exprimer des critiques sur le jeu proposé : « Si le football féminin veut être traité sur un pied d’égalité, il faut aussi qu’il accepte d’être soumis à un regard critique. Il ne suffit pas de le promouvoir, il faut aussi pouvoir dire que nous le trouvons lent aujourd’hui. »