Après des années de lutte en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas, Vanheusden avait choisi l’exil en troisième division espagnole, à Marbella, pour tenter de retrouver le plaisir simple du jeu, loin de la pression médiatique. Un espoir de courte durée, fauché dès la troisième journée de championnat par un énième craquage de son genou : « Je suis parti à Marbella parce que je voulais être seul avec ma famille, profiter du football loin de tout et de tout le monde. Tout se passait bien jusqu’à ce que mon genou lâche de nouveau. J’ai immédiatement su que c’était le ligament croisé. J’ai alors décidé que ça s’arrêterait là. »
Ce moment de bascule, le défenseur l’a vécu dans une solitude brutale, entouré du staff médical sur le terrain d’entraînement. C’est là, dans l’herbe, qu’il a scellé son destin d’un simple coup de fil : « J’ai pris le téléphone du kiné et j’ai appelé ma femme. Je lui ai dit que c’était fini. »
Si le corps a fini par dire stop, l’esprit de Vanheusden a longtemps fait de la résistance. Élevé dans la culture du travail et de la résilience, le joueur reconnaît aujourd’hui avoir masqué une souffrance psychologique devenue insupportable. Le décalage entre son envie de footballeur et la réalité de ses articulations est devenu un gouffre : « Je ne voyais plus d’autre issue. C’est devenu un combat que je ne pouvais plus gagner. Physiquement, mon corps me suppliait d’arrêter depuis des années. Mentalement, tu veux continuer parce que le football, c’est l’amour de ma vie. »
La blessure de trop
Le Diable Rouge avoue avoir touché le fond bien plus souvent qu’il ne l’a montré publiquement, luttant contre l’évidence pour ne pas abandonner son rêve d’enfant. « On m’a élevé en m’apprenant que si tu travailles dur, tout finit toujours par s’arranger. Tomber, continuer, se relever. Mais tout le monde a une limite. Et à certains moments, j’ai atteint la mienne. »
L’idée de la retraite n’était pas nouvelle pour le Limbourgeois. Déjà avant son départ pour l’Espagne, l’ombre de la fin de carrière planait sur ses doutes quotidiens. Mais chaque fois, la passion reprenait le dessus, agissant comme un moteur mais aussi comme un piège : « J’ai déjà pensé plusieurs fois à arrêter. Mais je me le disais pour me donner une porte de sortie. Parce que je voulais continuer. »













