L’audience devant le Comité disciplinaire pour le football professionnel a été longue et particulièrement tendue ce mardi. Après les incidents survenus à Mons, le Sporting de Charleroi risque cinq déplacements sans supporters, une amende de 10.000 euros et la révocation de trois matches à domicile à huis clos avec sursis.
D’après Sudinfo, le secrétaire général Pierre-Yves Hendrickx a commencé la défense carolo en détaillant les démarches entreprises par le club. Le Sporting a notamment identifié le car d’où seraient partis les jets de fumigènes, avec l’aide de la police. Les 62 personnes concernées ont été interdites d’accès aux rencontres à domicile pendant deux ans. Deux procédures individuelles d’exclusion civile ont également été introduites auprès de la Fédération.
De son côté, Mehdi Bayat a tenu à rappeler que les auteurs des débordements ne pouvaient bénéficier d’aucune indulgence : « Quelqu’un qui prend un fumigène dans une tribune et qui le jette délibérément dans la tribune d’à côté, pour moi, c’est un animal. C’est quelqu’un qui mérite d’être puni sévèrement, qui mérite d’aller en prison. Dans notre stade, on a des gens qui viennent pour passer un bon moment. Et au milieu de toutes ces personnes, on a des ordures. Il n’y a pas d’autre mot. »
Mais pour Bayat, le problème dépasse les seuls comportements individuels. Il estime que le système disciplinaire actuel pénalise collectivement les clubs et leurs supporters, plutôt que de cibler exclusivement les responsables : « On doit se battre non seulement contre eux, mais contre un système qui est complètement obsolète aujourd’hui. »
Bayat veut mettre fin aux huis clos collectifs
Toujours d’après Sudinfo, l’administrateur délégué du Sporting a particulièrement critiqué le principe de responsabilité objective, qui permet de sanctionner un club pour les comportements de ses supporters. Il a annoncé que la Pro League travaillait à une modification du règlement, susceptible d’être soumise aux instances fédérales dans les deux à trois prochains mois, avec l’objectif de ne plus permettre les huis clos totaux.
Le secrétaire général Pierre-Yves Hendrickx avait également insisté sur les conséquences financières des sanctions réclamées. Selon les estimations du Sporting, les pertes pourraient dépasser le million d’euros en tenant compte de la billetterie, des autres recettes et des risques commerciaux. « Comment trois stades vides à Charleroi vont-ils empêcher des jets d’objets lors d’un prochain déplacement ? », s’était-il notamment interrogé.
C’est toutefois sur un registre beaucoup plus personnel que Mehdi Bayat a terminé son intervention. « Je suis fatigué de devoir à chaque fois venir devant des personnes qui nous présentent comme si c’était nous les criminels », a-t-il lancé.
Bayat dénonce notamment le sentiment d’impuissance face à des individus qui, selon lui, ne se soucient ni des amendes ni des huis clos imposés au Sporting. « J’ai une boule dans le ventre depuis des semaines à cause de ce qui se passe », a-t-il encore confié, avant de conclure : « Ne voyez pas en moi et M. Hendrickx des criminels. On est des passionnés. On se bat pour le football. Mais à un moment donné, même moi, je craquerai. Parce que je n’en peux plus de cette situation. »
Malgré les arguments de la défense, la procureure Amandine Herroelen n’a pas modifié ses réquisitions. Elle a notamment rappelé que trois enfants avaient été blessés lors des incidents à Mons et que la sécurité des spectateurs devait primer sur les considérations financières.
Le président du Comité disciplinaire a finalement annoncé qu’une décision serait rendue dans un délai raisonnable, aussi rapidement que possible. Une dizaine de jours pourrait être nécessaire, même si aucune échéance précise n’a été communiquée.













