Ancien président de l’UEFA, Platini connaît particulièrement bien l’homme qui fut son bras droit entre 2009 et 2015. Mais pour lui, la transition de l’administration vers la présidence est un échec de leadership. « J’ai déjà dit que Gianni Infantino était un très bon secrétaire général, un numéro 2, mais pas un bon numéro 1. Il n’est pas charismatique. Président, c’est autre chose. Il faut être numéro 10. »
Au-delà des compétences techniques, Michel Platini pointe du doigt un trait de caractère qu’il juge incompatible avec l’éthique de la fonction. Selon lui, Infantino nourrirait une fascination mal placée pour les cercles d’influence : « Il est très fan des gens qui sont riches et qui ont du pouvoir. Il a toujours été comme ça », a affirmé l’ancien capitaine tricolore.
Si les relations entre les deux hommes sont glaciales, c’est aussi parce que l’ombre de l’affaire du paiement controversé de deux millions de francs suisses plane toujours. Bien que définitivement acquitté par la justice suisse l’an dernier après dix ans de procédure, Platini reste persuadé que son ancien collaborateur a su tirer profit de ses déboires pour s’emparer du trône mondial en 2015 : « Je pense qu’il a profité de mes problèmes, mais je ne pense pas qu’il m’ait fait du mal. Ensuite, il m’a mis au pénal parce qu’il ne voulait pas que je revienne, certes, mais il n’est pas à l’origine de cette affaire. »
Malgré cette nuance, la fracture est totale. Pour l’icône du football français, Infantino reste un « administratif » égaré sur le terrain de la politique de haut niveau.













