Comment se passe ce début de saison à Lille ? Quelles sont tes sensations ?Ça va bien. On a un nouveau coach, on travaille bien. Tout n’est pas parfait, mais ça se passe bien. On a quand même fait de bons résultats. On était premiers jusqu’au dernier match avant la trêve. Sur le plan individuel aussi, ça se passe bien, j’ai joué tous les matchs pour l’instant. Cette année, j’ai un peu plus d’expérience que l’année dernière. Je dois aussi avoir un peu plus ce rôle de leader. Mais ça va, je me sens bien. On est une bonne équipe, donc c’est facile aussi.Il y a eu des intérêts cet été, ou c’était clair dans ta tête que tu voulais rester à Lille pour confirmer ?Je n’ai pas eu d’offres. J’ai eu quelques renseignements, mais rien de concret. Je savais qu’il y avait de grandes chances que je reste, après, on ne sait jamais dans le football. Mais c’était plutôt calme de mon côté, franchement.Avec du recul, comment évalues-tu ta Coupe du Monde ?Pas mal. Bien sûr, j’ai fait quelques erreurs que je n’aurais pas dû faire, mais on apprend toujours. Avec mes qualités, je sais que je pouvais faire beaucoup mieux. Mais dans l’ensemble, ce n’était pas si mal que ça.Quand tu dis que tu pouvais faire mieux, tu penses à quoi ?Aux erreurs que j’ai faites. Je pense que je pouvais les éviter.On pense notamment au carton rouge contre l’Iran. Qu’est-ce que tu aurais pu faire différemment sur cette action ?Être un peu moins à l’aise. En première mi-temps, je réussissais tout. Je pense que je m’étais un peu moins concentré en deuxième mi-temps. Ce n’est pas vraiment un relâchement, mais j’aurais peut-être dû faire deux ou trois pas de plus en arrière en sprintant. Peut-être que j’ai été un peu moins vite. Ce sont des choses que je dois faire mieux et, au haut niveau, ça se paye cash. Ce sont des choses que je sais maintenant : il faut toujours se donner à fond.Est-ce que ce carton rouge met un peu une ombre sur ta Coupe du Monde ou, globalement, tu en gardes une bonne impression ?Un petit peu. C’est vrai que ça a un peu impacté ma Coupe du Monde. Mais après, je pense que je me suis bien rattrapé. C’est dommage parce que j’aurais pu éviter ce carton, mais je suis quelqu’un qui sait rebondir. C’est ce que j’ai essayé de faire.Sur tes huit sélections, tu as joué quatre matchs de Coupe du Monde. C’est assez fou si on t’avait dit ça il y a un an et demi, non ?C’est vrai que je reviens un peu de loin. Je ne pensais pas que ça allait aller aussi vite. Je suis quelqu’un qui ne se pose pas trop de questions. J’ai juste joué mes matchs.Est-ce que tu as déjà pris le temps de te dire que c’était quand même une sacrée saison ?C’est vrai que j’attendais une saison comme ça depuis longtemps parce que j’ai eu beaucoup de blessures. C’était ma première année pleine : j’ai joué beaucoup de matchs sans blessures, et ça faisait longtemps que ça ne m’était plus arrivé. En fait, ça m’a juste motivé à faire plus. Je sais que je peux faire plus. J’espère faire plus cette saison. Mes objectifs sont plus élevés cette année. Le but, c’est de progresser encore.Tu as revu les matchs de la Coupe du Monde. Est-ce que tu as eu des regrets en particulier en revoyant celui contre l’Espagne ?Oui, peut-être que si je suis plus vite l’attaquant sur le deuxième but, on n’en prend pas un. Mais ça, on ne le saura jamais, parce qu’il était parti en avance. Peut-être que j’aurais été en retard, peut-être pas. Mais au moins, j’aurais essayé de le suivre un peu plus vite. On ne sait pas.Au final, la Belgique est peut-être l’équipe qui a le plus embêté l’Espagne pendant cette Coupe du Monde. Qu’est-ce que ça te fait ?Je n’aime pas trop quand on dit ça parce que, dans tous les cas, on a perdu et ça ne change rien. Mais au niveau de l’équipe, je suis très positif. On a une très bonne équipe. Je sais qu’on est très bien pour l’avenir, donc il n’y a pas de problème là-dessus.Marc Van Bommel a dit qu’avec un peu plus de réussite, la Belgique aurait pu gagner cette Coupe du Monde. Tu es d’accord ?Oui, je suis d’accord. Après, avec des « si », on peut refaire le monde. Mais il n’en manquait pas beaucoup contre l’Espagne, par exemple. Peut-être que si Senne Lammens tape le ballon, on va en prolongation et peut-être que ça se passe différemment. Mais c’est vrai qu’après, il restait encore deux matchs jusqu’à la finale. Deux matchs, ce n’est pas beaucoup, donc on ne sait jamais.Ton statut a aussi un peu changé à Lille, puisque tu entames ta deuxième saison. Est-ce que tu ressens la même chose en équipe nationale ?Je pense que maintenant, on me connaît un peu mieux. Avant le Mondial, personne ne me connaissait vraiment. Je pense que maintenant, les mecs connaissent mes qualités. Après, sur le reste, je ne pense pas que tout ait changé parce qu’on est quand même beaucoup derrière. Il y a Zeno Debast, Koni De Winter, Arthur Theate, Brandon Mechele… Il y a de très bons joueurs. Je ne suis pas certain de jouer. Je me donne toujours à fond. Si le coach fait appel à moi, je serai présent.Rudi Garcia t’a lancé chez les Diables. Est-ce que tu es reconnaissant envers lui pour la chance qu’il t’a donnée ?Oui, bien sûr, toujours. C’est comme à Lille avec le président ou Genesio : ce sont des gens que tu ne peux pas oublier parce qu’ils te font passer un cap dans ta carrière. Même si ça se passe bien ou mal, ce sont des gens qui t’ont donné une chance. Ça va me suivre jusqu’à la fin de ma carrière. Je ne l’oublierai jamais.Tu as été surpris par son départ ?Non, on avait déjà entendu quelques bruits par rapport à ça. Il y avait la possibilité qu’il s’en aille, donc je ne suis pas surpris.Quels ont été tes premiers contacts avec Marc Van Bommel ?Humainement, très bien. On s’est déjà appelés avant le rassemblement. Il est venu voir un de nos matchs, contre Paris. On voit qu’il a été joueur parce qu’il nous comprend très bien. On voit la différence entre un coach qui n’a pas été joueur et un coach qui l’a été. Je pense qu’un coach qui a été joueur nous comprend davantage. On le ressent directement, il est un peu comme nous. Il est donc différent de Rudi Garcia. Les deux ont leurs qualités, mais ils sont différents.Sur quels aspects, par exemple ?C’est au ressenti. Dans ses explications, tu te dis : « OK, lui, il a été joueur. » C’est des trucs tout bêtes. Je ne saurais pas vraiment donner un exemple précis.Est-ce que tu sens que son style de jeu peut bien correspondre aux Diables ?Oui, bien sûr. C’est un Néerlandais, donc c’est très offensif. C’est du pressing, c’est agressif. C’est ce que j’aime aussi. Pour moi, c’est un style de jeu qui me correspond très bien.Parmi les défenseurs centraux avec lesquels tu peux jouer, avec qui te sens-tu le mieux ?Ce sont des joueurs différents. Koni et Brandon se rapprochent un peu plus dans leur profil. Arthur et Zeno ont d’autres profils. Ça dépend. Je suis quelqu’un d’assez polyvalent, donc je sais m’adapter. Ça dépend aussi du style de jeu que le coach veut mettre en place. Dans tous les cas, j’aime bien couvrir, comme je suis rapide. Je peux jouer avec n’importe qui.Tu comprends la décision de Thibaut Courtois de faire l’impasse sur la Ligue des Nations tout en restant disponible pour les qualifications et l’Euro ?C’est à double tranchant. Après, c’est facile de critiquer, mais je pense aussi qu’il joue beaucoup de matchs. Il joue énormément et il s’est beaucoup donné à la Coupe du Monde aussi.C’est un sujet de discussion dans le vestiaire ?Non, pas du tout. En tout cas, je n’en ai pas entendu parler. De toute façon, on a encore quatre bons gardiens, donc franchement, on n’a pas à s’inquiéter.Parmi les matchs qui arrivent, il y a la France. Tu sens qu’il y a déjà un engouement autour de ce match ?C’est vrai qu’on en parle beaucoup. Personne ne m’a encore demandé de tickets pour la Turquie, mais pour la France, tout le monde m’en demande.Jouer contre les Français signifie aussi affronter une des meilleures attaques du monde. Tu te projettes déjà un peu face à des joueurs comme Mbappé ou Olise ?On ne défend pas tout seul. On est quatre derrière, enfin on est onze en réalité. Tout le monde défend. Mais c’est vrai que ce sont des joueurs spéciaux. Chaque match est différent de toute façon, on verra. On a de la qualité aussi, donc on reste confiants.Lequel te fait le plus peur, par exemple ?C’est difficile. Je dirais Mbappé quand même. Je crois qu’il est un peu plus difficile à défendre parce qu’il va super vite.Il est plus rapide que toi ?Oui. Déjà, son frère est plus rapide que moi, alors Kylian, je n’imagine même pas.Comment défend-on justement sur Mbappé ?Je pense qu’il faut l’empêcher de prendre trop de vitesse au début. Il faut qu’on reste soudés et qu’on défende en équipe. C’est la meilleure solution, je pense.