Vincent Euvrard n’a pas mâché ses mots au moment d’évoquer la dernière sortie du Standard. Face à Courtrai, les Liégeois n’ont pas affiché les valeurs et l’intensité attendues, provoquant notamment la réaction de leurs supporters.
« On ne cherche pas d’excuses. C’était trop pauvre, trop faible. La performance est indigne de ce club », reconnaît le coach liégeois. Il estime que cette prestation tranche avec ce que son équipe avait montré lors des semaines précédentes, notamment dans l’état d’esprit et l’engagement.
Pour Euvrard, il appartient avant tout aux joueurs et au staff de renouer avec les supporters en proposant un football auquel ceux-ci peuvent s’identifier. « C’est notre responsabilité de les amener avec nous. Dès que tu fais quelque chose de bien, que tu marques le but en deuxième mi-temps, ils sont à nouveau avec nous et ils ne nous ont plus lâchés jusqu’à la fin du match. Mais c’est notre responsabilité de jouer un football auquel eux peuvent s’identifier », insiste-t-il
Le technicien ne veut donc pas se réfugier derrière les discussions autour de son autorité ou de sa relation avec le groupe : « Qu’est-ce qu’on s’en fiche que j’aie le groupe en main ou pas ? Il faut que je gagne des matches. Le coach doit préparer son groupe pour donner une meilleure image que ce qu’on a fait contre Courtrai. Nous n’étions pas là, ni dans la confiance, ni dans la détermination. »
« Marc est régulièrement présent »
La présence de Marc Delire lors du débriefing de lundi a également suscité des questions. Vincent Euvrard a tenu à remettre les choses dans leur contexte : cette participation ne constitue pas une intervention exceptionnelle liée à la situation sportive actuelle.
« Marc a été dans le débriefing lundi, comme il l’a été dans 50 ou 100 débriefings depuis que je suis arrivé ici. Dès mon premier briefing ou débriefing, il était dedans. Il voit 100 % des entraînements et il est aussi très régulièrement présent dans une réunion ou un débriefing », précise l’entraîneur.
Euvrard explique même qu’il lui arrive régulièrement de demander à Marc de participer à ces échanges afin de gagner du temps et de partager directement l’analyse de la rencontre : « Marc n’est pas venu pour parler aux joueurs. Il n’est pas venu parce qu’on est en crise ou parce qu’on a perdu cinq matches. Il s’est simplement installé dans le débriefing, comme il l’a déjà fait des dizaines de fois, dans le dernier rang. »
« Le Standard, c’est beaucoup plus Liverpool que Manchester City »
L’entraîneur liégeois a également insisté sur l’identité de jeu qu’il souhaite voir son équipe incarner. À ses yeux, le Standard ne doit pas chercher à reproduire le modèle d’équipes qui privilégient avant tout la possession et les séquences de passes : « L’ADN du Standard, ça n’a jamais été l’ADN de Manchester City ou d’Anderlecht, qui ont plus de passes et plus de possession. Barcelone aussi a davantage de possession. Le Standard, c’est beaucoup plus Liverpool que Manchester City : plus de pression, plus d’intensité, plus de verticalité. Et donc, on doit en avoir assez. »
Une identité qui doit permettre de reconnecter l’équipe avec son public. Euvrard rappelle que lorsque le stade est derrière les joueurs, comme cela a pu être le cas lors de précédentes rencontres, l’atmosphère peut véritablement porter le groupe.
Mais le coach sait aussi que les discours ont leurs limites. Après les dernières prestations, il estime que les supporters attendent désormais des preuves concrètes sur le terrain : « À un moment donné, tu n’as plus les mots. Même si tu les as, il ne faut pas les dire parce que les gens ne t’écoutent plus. C’est normal aussi : tu perds toute crédibilité. Je peux m’asseoir avant le coup d’envoi et dire qu’on est conscient de l’importance du match et qu’il faut gagner, mais ensuite les gens s’installent dans le stade et voient ce qui se passe. Qu’est-ce que tu leur dis alors cette semaine ? »
À l’approche de la réception de Beveren vendredi soir, Vincent Euvrard attend donc une réaction tangible de son équipe. Il ne remet pas en cause la volonté des joueurs, mais estime que celle-ci doit désormais se traduire par davantage de qualité dans le jeu : « Ce n’est pas que les joueurs ne sont pas conscients, ce n’est pas qu’ils ne veulent pas. On doit simplement produire suffisamment d’actions de qualité, celles qui sont attendues, parce que c’est pour cela qu’on est payé et parce que c’est ce qui est attendu dans ce club. Au moins un minimum. »
Le message est clair : après la déception contre Courtrai, le Standard doit retrouver de l’intensité, de la verticalité et surtout des résultats.













