D’entrée de jeu, les ultras carolos font profil bas et reconnaissent la gravité de ce qui s’est produit dans les tribunes liégeoises : « Les événements de samedi soir sont regrettables. Certains débordements ne peuvent être ni minimisés ni justifiés. Il existe des règles, des responsabilités et des solutions qui devront s’appliquer à tous les niveaux concernés : supporters, joueurs, services de sécurité, directions… et même médias. »
Cependant, le groupe refuse de servir de bouc émissaire unique. Les Storm Ultras s’en prennent frontalement à la sortie médiatique de Lorin Parys, le patron de la Pro League : « Mais réduire ce qu’il s’est passé à une lecture simpliste serait également une erreur. La position de Monsieur Lorin Parys, CEO Pro League en est un triste exemple réducteur. À l’inverse l’analyse de Michaël Dantinne, criminologue à l’Université de Liège, vaudrait la peine d’avoir le même écho. Chacun en décidera. Le football professionnel est devenu un environnement de tensions permanentes. Pression financière énorme, communication émotionnelle, rivalités alimentées en continu, déclarations parfois irresponsables, emballement médiatique autour des chocs sportifs : tout cela participe à créer un climat où les excès deviennent plus probables. »
Le communiqué s’interroge ensuite sur l’absence totale de remise en question des autres acteurs du milieu. Les ultras pointent l’hypocrisie de la mise en scène des derbys par les médias, le manque d’écoute des instances et le fait que les autres dérives du football professionnel soient balayées sous le tapis. S’ils disent « prendre acte » et « comprendre » l’interdiction de déplacement à venir, ils refusent que la réflexion s’arrête là.
Le groupe se dit prêt à s’asseoir à la table des négociations, à condition d’être traité comme un interlocuteur crédible : « La balle est au centre, on y vient avec plaisir si on nous y convie. Pas que localement – où la collaboration est déjà bien présente – mais au niveau national où en dehors des crises les supporters qui amplifient la passion dont se gaussent médias, institutions et clubs, sont mis dans un petit coin car méprisés s’ils ne rentrent pas dans le moule consumériste et soumis. Il ne s’agit pas de minimiser des faits mais de bien comprendre que le sujet est bien plus complexe et que les responsabilités ne sont pas le fait que d’une seule partie. On ne peut attendre un supporter qui serait la cause et la solution de tels faits sans une prise de conscience de toutes les parties concernées en termes d’excès qui contribuent tout autant à l’escalade que tout le monde voudrait au moins atténuer. »













