« Libérez mon frère », son départ du Standard, Mark van Bommel, son échec au Celtic : Michel-Ange Balikwisha se livre

« Libérez mon frère », son départ du Standard, Mark van Bommel, son échec au Celtic : Michel-Ange Balikwisha se livre - Jérôme Jordens

De retour en Belgique, à La Gantoise, après un passage compliqué au Celtic, Michel-Ange Balikwisha s’est livré à notre micro. Mark van Bommel, l’esprit de vengeance et le bon début de saison des Buffalos, l’attaquant de 25 ans n’a éludé aucun sujet.

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Après son expérience plus que mitigée en Écosse, au Celtic, Michel-Ange Balikwisha, revit dans le La Gantoise de Rik De Mil qui connaît un excellent début de saison et occupe la tête de Pro League. S’il a mis du temps à se remettre dans le bain, l’attaquant de 25 ans enchaîne désormais les matchs.

Un renouveau sur lequel il s’est exprimé dans un long entretien avec Jordy Davila. Et il ne cache pas le plaisir que lui procure ce retour en Belgique : « Je me sens très bien, très heureux aussi de pouvoir retoucher le ballon sur un terrain. Les sensations sont incroyables, ça faisait longtemps ».

S’il semblait impossible de poursuivre au Celtic, l’international congolais aurait pu choisir une autre destination que la Belgique. « Il y avait d’autres clubs en France, en Espagne aussi », avoue Balikwisha. « Mais de là où j’étais, j’avais besoin de me retrouver avec ma famille. Donc j’avais décidé de revenir là où je connais déjà et prendre plus de plaisir en étant proche de ma famille et de ma copine aussi. »

Aucun regret malgré l’échec au Celtic : « Ça reste un club incroyable »

Au Celtic, Balikwisha a finalement peu eu l’occasion de se montrer, dans une saison qui a été compliquée pour le club. « Quand je suis arrivé, je ne m’étais pas entraîné pendant toute une semaine avec Anvers pour pouvoir faire le transfert. Ensuite je suis arrivé au Celtic, j’ai fait les tests, et directement j’ai été titulaire contre les Rangers à gauche », retrace le numéro 7 gantois. « Ensuite après on m’a mis à droite, position où je n’avais pas vraiment beaucoup joué, où je ne me sentais pas à l’aise par rapport aussi à leur style de jeu, qui est totalement différent de la Belgique. Et après ça, j’ai eu moins de temps de jeu, je commençais sur le banc. »

La suite, c’est une succession d’événements qui ne lui ont pas permis de retrouver le onze de base, avec notamment des changements de coachs et un départ à la CAN : « Le coach a été viré. Les intérims, qui sont les coachs actuels, sont arrivés. J’ai joué deux ou trois matchs avec eux. Ensuite, il y a eu le coach français. J’ai joué un match, puis je suis parti à la CAN. Et pendant la CAN, il s’est fait virer ».

Et au retour de la CAN, le train était passé. « Quand je suis revenu, ce n’était pas vraiment la crise, mais on devait vraiment tout faire pour gagner », se souvient Balikwisha. « Le coach qui est venu avait transmis le message au président, qui nous l’a dit. Il avait besoin de garder les joueurs qui avaient joué pendant que j’étais à la CAN. Il ne voulait pas vraiment changer cet effectif-là. Et comme j’étais parti, j’ai payé les pots cassés de ce moment-là. »

Malgré tout, il ne nourrit aucun regret d’avoir choisi de signer au Celtic : « Ça reste un club incroyable. Pour moi, un transfert aussi incroyable, même si ça s’est passé comme ça. Je ne regrette absolument rien du tout. Ça fait partie de ma vie ».

Son départ polémique du Standard : « Cette période-là, quand j’y repense, ça me fait rire »

Le Celtic, ce n’est pas sa première période compliquée. Son transfert du Standard vers l’Antwerp avait, en effet, déjà été une période houleuse. « Cette période-là, quand j’y repense, ça me fait rire », admet cependant Balikwisha. « Parce que chacun se protège comme il peut. Je sais ce qu’est la vraie version de ce documentaire. Mais il y avait juste une chose. C’était que le Standard avait besoin d’argent et voulait m’envoyer absolument à Bruges. Parce qu’entre le club, ça se discute en secret. Le joueur n’est pas au courant de plein de choses, sauf les agents ».

S’il n’était pas spécialement contre un départ en Venise du nord au départ, Michel-Ange Balikwisha a finalement été convaincu par le projet de l’Anwterp : « Le plus important pour moi, c’était qu’à Bruges, on me disait qu’il manquait de la fraîcheur en fin de saison pour eux. C’était comme si j’allais être sur le banc et rentrer après. À ce moment-là, c’était Noa Lang et Skov Olsen qui étaient là. Moi, je devais être le remplaçant des deux. Au cas où ils étaient fatigués, je pouvais rentrer. Je me suis dit que par rapport à la saison que j’ai faite avec le Standard, où j’ai quasiment tout joué en tant que titulaire, pour ma progression à 19 ans, il fallait continuer à jouer au football. C’est absolument ce qu’Anvers est venu dire ».

Une phase qui a eu des conséquences pour son frère William, qui a touché Michel-Ange. On se souvient notamment de son t-shirt « Libérez mon frère ». Une période dont se souvient très bien l’attaquant. « Je voulais faire ça parce qu’il y a eu des choses en coulisses que peu de gens savent », retrace Balikwisha. « Ils ont voulu profiter de mon choix en allant à Anvers pour bloquer mon frère. Ils l’ont directement mis avec le noyau B et même la réserve. Et moi, je n’ai pas trouvé ça correct. »

Michel-Ange Balikwisha a vécu cette mise à l’écart de son frère comme une vengeance de son départ à l’Antwerp : « On était ensemble en équipe première. Il s’entraînait et dès que je suis parti, on l’a renvoyé en bas pour, entre guillemets, me faire payer. Pour dire, toi, tu es parti, tu ne nous as pas suivis. Ton frère va payer les pots cassés. Mais ce n’est pas parce que moi, je décide de ne pas aller de votre côté, que lui doit être puni ».

Mais comme pour le Celtic, Michel-Ange Balikwisha n’a aucun regret par rapport à son passage au Standard, dont il garde même un très bon souvenir. « Parce que quand j’étais en tant que joueur là-bas, tout était bien », assume-t-il. « J’ai plein de collègues avec qui je parle encore aujourd’hui, qui m’aiment beaucoup, aussi ».

Il se souvient également d’un problème qu’il a connu avec Mbaye Leye, qu’il côtoie désormais à La Gantoise : « À l’époque, il y avait une histoire comme quoi Mbaye m’avait renvoyé avec les jeunes. Aujourd’hui, on en rigole tous les deux. Ce sont des choses qui arrivent dans le football, on ne peut pas s’arrêter là ».

« Donc moi, au Standard, je n’oublierai jamais mon passage là-bas », admet-il. « Et c’était le top pour moi. Juste qu’à la fin, il n’y a pas eu de bons accords, entre guillemets, pour trouver le bon transfert, ce qui est dommage. Mais bon, dans la vie, ça fait partie d’une carrière et puis voilà. »

Le déclic van Bommel : « Je ne le comprenais pas au début »

À titre personnel, son départ à l’Antwerp a été bénéfique puisqu’il a été sacré champion de Belgique, là où le Standard court toujours après un trophée. Et chez les Anversois, Balikwisha a travaillé avec Mark van Bommel, le nouveau sélectionneur des Diables Rouges.

Un entraîneur qui l’a marqué. « Je ne le comprenais pas au début », avoue Balikwisha. « Il était trop dur avec moi. Donc je ne comprenais pas à chaque fois pourquoi il me criait dessus pendant deux semaines ».

Et puis, le Congolais de 25 ans a compris que le Néerlandais cherchait à lui faire passer un cap. « Il me criait dessus pour m’appliquer, pour être à 100 %, de ne jamais se dire parce que j’ai fait une passe de qualité que mon match s’arrête là ou le jeu s’arrête là, que je devais toujours être là dans le rectangle, etc. Et au début, je me suis dit, je ne vais pas tenir. Et après, je me suis dit que peut-être qu’il a vu quelque chose en moi qui fait qu’il me pousse moi. Et c’est là que je l’ai pris en mode positif. À partir de ce moment-là, je le prenais dans le bon sens pour progresser. »

Et en voyant son ancien entraîneur avec les Diables Rouges, Balikwisha a directement reconnu sa patte, et est certains que la mayonnaise peut prendre : « Ce qu’il a fait avec Anvers, si les joueurs de la Belgique font ce que le coach demande à 100 %, mais vraiment à 100 %, ça peut faire très mal. Mais dans ce style de jeu là, s’il y en a un ou deux qui ne suivent pas, c’est difficile. Il faut vraiment que tout le monde fasse son job à 100 % et puis le reste, ça va suivre ».

Le Congo, « c’était évident »

Des Diables Rouges qu’il ne connaîtra pas puisqu’il a choisi de porter la vareuse des Léopards de la République démocratique du Congo. Un choix évident pour celui qui avait pourtant porté à onze reprises le maillot des U21 belges.

« C’était évident », assume Balikwisha. « À l’école, quand tu as des amis qui te disent que ton pays n’a jamais été en Coupe du Monde, etc. Quand j’avais 13 ans, j’avais dit, ‘préparez-vous, vous allez voir, je vais jouer avec le Congo, et le Congo va aller en Coupe du Monde’. Mon choix était déjà fait à cet âge-là. »

Malgré tout, en jouant en Belgique, Balikwisha a tapé dans l’œil des dirigeants belges et a donc joué pour les Diablotins : « L’équipe belge m’a appelé. C’était très gentil de leur part, très reconnaissant par rapport à ce que je faisais chez les jeunes en Belgique aussi. J’allais là-bas, parce que le Congo ne m’avait pas encore appelé. Mon souhait à moi, c’était de jouer pour l’équipe première du Congo ».

Une envie qui venait notamment du fait que son frère William avait déjà opté pour le Congo : « Mon frère a commencé en U23 avant. Mon rêve, c’était de jouer avec lui en équipe nationale du Congo. J’ai fait mon apparition, pas avec lui, mais c’était un rêve incroyable ».

Gand, comme un air de déjà-vu du titre de l’Antwerp

Le dernier chapitre abordé dans ce long entretien est celui que Balikwisha est occupé à écrire avec La Gantoise. Les Buffalos sont actuellement leaders de Pro League.

« Je revis le même moment que j’ai vécu », lance le numéro 7 en référence à son passage à l’Antwerp. « Je ne vais pas dire qu’on va être champion, mais je parlais avec ma famille et je me suis dit que j’avais l’impression de revivre ce qu’on a vécu. »

S’il ne veut pas s’avancer et parler de titre, Balikwisha est ambitieux : « On travaille comme des fous. Parce que le plus dur va arriver. C’est de combiner l’Europe et le championnat, ce qu’on n’avait pas encore avec Anvers quand on a été champion. Donc c’était beaucoup plus facile. On avait plus de temps de récupération. Donc là ça va être une épreuve chouette ».