« Il pensait qu’on l’appelait pour un autre joueur » : Mateo Biondic, la nouvelle pépite de l’Union

« Il pensait qu’on l’appelait pour un autre joueur » : Mateo Biondic, la nouvelle pépite de l’Union - Samuel Guadi

Arrivé à l’Union Saint-Gilloise l’hiver dernier en provenance de quatrième division allemande, Mateo Biondic s’est imposé comme l’un des hommes forts du club bruxellois. Pour la DH, il revient sur son parcours.

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VIRGINIE LEFOUR

Avant de découvrir la Champions League avec l’Union, Mateo Biondic a dû franchir de nombreux obstacles, comme il le confie dans une interview pour la DH. En quatrième division allemande, son temps de jeu restait limité.

Pour progresser, Biondic a alors décidé de prendre en main sa propre préparation physique et technique, sans bénéficier d’un accompagnement professionnel particulier : « Pendant la semaine, je courais dix kilomètres en plus des entraînements. J’allais aussi deux fois par semaine à la salle de sport. Je n’avais personne pour m’accompagner professionnellement, alors je faisais tout moi-même. C’était une méthode un peu à l’ancienne. Je cherchais un mur contre lequel jouer, parfois pieds nus, pour renforcer mon jeu au pied. Je pouvais passer une heure à jouer contre un mur pour améliorer ma technique. Je faisais aussi des sprints en dehors des entraînements. »

Cette détermination a fini par payer à l’Eintracht Trier, en quatrième division, où l’attaquant a véritablement réussi à se faire remarquer. Mais quelques mois avant de rejoindre l’Union, son quotidien était encore bien éloigné de celui d’un joueur professionnel évoluant au plus haut niveau européen : « Oui, j’ai souvent aidé ma mère à faire la vaisselle. J’allais chercher la viande dans la réserve, je préparais les assiettes et j’apportais les plats aux clients. J’aidais aussi mon père en salle, notamment avec les verres et les boissons. J’ai encore fait tout ça l’hiver dernier, pendant le rush des fêtes de Noël. Et quelques semaines plus tard, je me retrouvais au Bayern Munich avec l’Union en Champions League. »

L’intérêt du club saint-gillois a d’ailleurs surpris le principal intéressé. Lorsqu’il a appris qu’une formation engagée en Champions League souhaitait le recruter, il a d’abord eu du mal à y croire : « C’était en septembre ou en octobre 2025. Quand j’ai appris qu’un club qui jouait la Champions League s’intéressait à moi, je me suis demandé si c’était sérieux. Je me suis dit qu’ils voulaient simplement un joueur pour s’entraîner avec l’équipe… D’ailleurs, quand mon agent a reçu l’appel de l’Union, il pensait qu’on l’appelait pour un autre joueur que moi. Il s’est assis et s’est mis à trembler, tellement il était bouleversé. Fabrizio Romano a même annoncé mon transfert sur ses réseaux sociaux. C’était fou, j’ai vraiment compris qu’il se passait quelque chose d’important. »

Les premiers mois à l’Union ont néanmoins représenté un véritable défi pour l’attaquant. Le changement de niveau a été considérable : « J’ai d’abord dû me préparer physiquement, parce que je n’étais pas prêt. Je pensais peut-être l’être, mais quand je suis arrivé, je me suis demandé si j’étais capable de jouer à ce niveau-là. Mon corps avait du mal à suivre et j’ai appris que je ne pouvais pas donner cent pour cent à chaque entraînement. »

Sa première préparation estivale dans le monde professionnel lui a permis de mesurer l’ampleur du travail nécessaire pour s’installer durablement à ce niveau : « Cet été, j’ai connu ma première préparation d’avant-saison professionnelle et c’était presque militaire. On a beaucoup couru… Dans mes anciens clubs, je n’avais pas l’habitude de courir autant, ni de travailler à une telle intensité. Et avec le ballon aussi, tout allait beaucoup plus vite. »

Un chemin inattendu pour Mateo Biondic mais qui ne commence à plus surprendre grand monde à Bruxelles. Promise David, récupéré en Estonie, Denis Undav, pensionnaire de D3 allemande ou encore Massiré Sylla qui évoluait en deuxième division norvégienne : l’Union déniche continuellement des talents dans des recoins inattendus du football.