Dans un entretien accordé au Het Nieuwsblad, Yari Verschaeren ne cherche pas à fuir les critiques qui ont accompagné ses dernières années à Anderlecht. Celui qui avait explosé très jeune sous les ordres de Hein Vanhaezebrouck reconnaît que son parcours n’a pas pris la direction qu’il espérait.
« Certainement. Mon histoire comme joueur de l’équipe première avait commencé de manière très forte. J’étais une hype. C’était quelque chose d’un peu étrange pour moi, mais en même temps ce n’était pas totalement surprenant : après tout, je faisais très bien les choses alors que j’étais encore très jeune. Je suis toujours resté les pieds sur terre, notamment grâce à mon entourage et à mon éducation. Mais c’est vrai que les années suivantes, notamment à cause de blessures importantes, ne se sont pas déroulées comme je l’espérais. C’est décevant », explique-t-il.
Verschaeren estime toutefois que plusieurs éléments ont contribué à cette trajectoire plus compliquée. « Un peu de tout. Ces blessures, moi-même j’aurais pu faire mieux, le club aurait parfois pu avoir davantage confiance en moi… »
Le milieu de terrain pointe également du doigt l’instabilité qui a marqué Anderlecht durant son passage au sein du noyau professionnel. En huit ans, il a connu pas moins de treize entraîneurs : « Cela ne m’a pas toujours aidé. Il ne faut pas oublier que j’étais très jeune au début. Il fallait constamment s’adapter, également tactiquement. Et tous les entraîneurs ne me plaçaient pas à mon meilleur poste. Besnik Hasi m’a même essayé comme milieu défensif, d’autres me mettaient sur le flanc. Je peux le faire, je ferai toujours tout pour aider, mais j’ai été jugé là-dessus alors que je suis à mon meilleur niveau comme meneur de jeu. »
« Anderlecht est dans mon cœur »
Le nouveau joueur de la Sampdoria assume cependant également sa part de responsabilité : « Je suis quelqu’un d’autocritique. Par moments, ce n’était pas suffisant. Cela dépend en grande partie de moi. Même si l’évaluation extérieure n’était pas toujours correcte. Au début, j’ai aussi livré beaucoup de matches moyens, je l’avoue… Les années suivantes, j’avais souvent le sentiment d’être correct, mais je devenais le bouc émissaire lorsque les résultats n’étaient pas au rendez-vous. À 20 ans, je devais soudainement être le patron d’Anderlecht. Je n’y suis pas arrivé. »
Malgré les frustrations et les regrets, Verschaeren garde une profonde affection pour le club qui l’a formé. Il aurait simplement souhaité que son histoire se termine autrement : « J’aurais voulu que cela se passe différemment, mais je peux difficilement me reprocher quelque chose, si ce n’est peut-être de ne pas avoir été la meilleure version de moi-même durant certaines périodes. Mais bon, il y avait aussi ces circonstances… »
Avant de poursuivre, après un court moment de réflexion : « Anderlecht est dans mon cœur, le club m’a formé. Je voulais leur rendre quelque chose, gagner un trophée. Avec cet objectif en tête, je me suis aussi freiné : durant mes premières années, lorsque des clubs du top européen se manifestaient, j’ai refusé des offres intéressantes. »













