Quand Nicky Hayen est renvoyé le 8 décembre 2025, puis rapidement remplacé par Ivan Leko, les sceptiques étaient nombreux. Certes, le technicien croate a pour lui d’avoir déjà remporté le titre avec Bruges en 2018 mais ses passages suivants à l’Antwerp, au Standard et à La Gantoise n’inspiraient pas spécialement confiance.
Il est encore trop tôt pour affirmer que le deuxième passage d’Ivan Leko au Jan Breydel est une réussite, l’équipe souffre de problèmes défensifs criants depuis de nombreuses semaines, mais les résultats sont bons. Avec cette qualification en Ligue des Champions, obtenu avec brio face à l’Olympique de Marseille, Ivan Leko mérite de gagner en reconnaissance.
Christos Tzolis ou Hans Vanaken, ce sont les deux noms qui ressortiront presque systématiquement si l’on demande à quelqu’un qui est selon lui le plus gros atout offensif du Club. Pourtant, depuis plusieurs semaines, il y a un autre homme qui contribue grandement au succès de Bruges : Aleksandar Stankovic.
Jouer vers l’avant !
Aleksandar Stankovic, fils de l’illustre Dejan Stankovic, ne va pas faire de vieux os à Bruges. Pas seulement parce qu’il délivre chaque semaine des performances de haut niveau, le Club ne pourra tout simplement pas empêcher l’Inter d’activer sa clause de rachat. Mais peu importe : Bruges en profite autant qu’il le peut.
Le rôle de Stankovic dans ce milieu a grandement évolué entre Nicky Hayen et Ivan Leko. Auparavant, il évoluait plus bas dans le jeu, relançait fréquemment vers les ailiers ou vers Hans Vanaken qui était au coeur du jeu. Un système où le jeune joueur de 20 ans n’a que très peu exprimé son talent offensif.
Sous Leko, Stankovic se porte bien plus vers l’avant, participe activement à la construction de l’attaque et permet à Bruges d’offrir une seconde solution pour lancer les attaques, un poids en moins pour Hans Vanaken, lui qui est très souvent ciblé par les défenses adverses. Depuis plusieurs semaines, on peut voir Stankovic aller vers l’avant, combiner avec Forbs ou Vanaken, tenter de nombreuses frappes de loin.
Prenez pour exemple le premier but contre Marseille mercredi soir :
Aleksandar Stankovic est déjà proactif, essaye de trouver un endroit dans le pressing marseillais où il peut réceptionner le ballon, en étant clairement dans l’optique de se projeter. Il propose plusieurs solutions à Ordonez, à Sabbe. En possession de la balle, il n’y a aucune hésitation parce que les consignes sont claires : vers l’avant. Carlos Forbs ne décroche pas de sa ligne et continue d’attirer Medina sur le flanc, Vermant et Vanaken prennent l’axe.
C’est ça l’évolution offensive de Stankovic sous Ivan Leko : le Croate veut le voir porteur du ballon, créateur pour les autres.
Prenons les deux buts inscrits contre Zulte Waregem, autre illustration de cette transformation offensive :
Les deux buts inscrits par le wonderkid de 20 ans concentrent également cette approche tactique : jouer vers l’avant. À deux reprises, Stankovic fait preuve d’un excellent sens du placement pour se retrouver dans le dos des défenseurs. Un instinct qui semble couler dans les veines de la famille : avec plus de 100 buts en carrière, Dejan Stankovic était un milieu de terrain extrêmement prolifique. Stankovic joue comme un milieu offensif, le staff veut le voir attaquer la surface, prendre des espaces. Un jeu qui diffère totalement de l’époque Hayen où il n’aurait jamais tenté des incursions dans le dos, comme un faux neuf.
Dans cette nouvelle version du Club de Bruges, ce n’est plus Hans Vanaken qui joue en 10 avec Onyedika et Stankovic cantonné à un rôle plus défensif, plus dans la relance. Le serbe de 20 ans évolue comme un véritable numéro 8 moderne, capable de récupérer le ballon dans sa moitié de terrain et de se projeter vers l’avant. Et ça, il faut le mettre au crédit d’Ivan Leko.













