« Cela a surpris tout le monde, moi y compris » : Ivan Leko revient sur son départ de La Gantoise vers Bruges

« Cela a surpris tout le monde, moi y compris » : Ivan Leko revient sur son départ de La Gantoise vers Bruges - Samuel Guadi

Après deux succès marquants en Ligue des champions contre l’Inter Milan et Lens, Ivan Leko affiche sa satisfaction à la tête du Club de Bruges. Dans un entretien accordé à Flashscore, l’entraîneur croate revient sur les raisons des performances européennes des Blauw en Zwart et son départ de La Gantoise en cours de saison.

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Après avoir battu l’Inter Milan à San Siro, le Club de Bruges s’est imposé avec la manière à domicile contre Lens. Deux résultats qui renforcent la confiance du groupe, même si, comme il l’explique en interview avec Flashscore, Ivan Leko refuse de s’emballer : « Nous sommes confiants, nous nous sentons bien et nous sommes fiers de ce que nous avons accompli. Ce sont deux victoires très importantes pour le club. Mais comme nous traversons une période chargée, nous nous sommes déjà immédiatement tournés vers le week-end. Bien sûr, nous sommes très heureux de nos deux derniers matchs de Ligue des champions, mais nous nous concentrons désormais sur le prochain. »

Le Club Bruges dispute la Ligue des champions pour la huitième fois en neuf saisons et a déjà atteint à trois reprises la phase à élimination directe. Pour Leko, cette régularité s’explique notamment par le niveau du championnat belge : « Je suis convaincu que notre réussite, comme celle des autres clubs belges en Europe, vient du fait que nous avons un championnat solide et une concurrence relevée. Chaque week-end, on dispute un match très difficile, avec beaucoup d’intensité et une véritable pression pour gagner. C’est presque toujours comme cela : un championnat solide et une concurrence de haut niveau vous donnent aussi de bien meilleures chances d’obtenir des résultats en Europe. »

« Avec du travail, de l’humilité et un grand esprit d’équipe »

Au-delà de la qualité du championnat, l’entraîneur croate insiste sur la mentalité qui anime son groupe. À ses yeux, le Club Bruges doit avant tout sa réussite à son investissement collectif et à son ambition : « Fondamentalement, nous travaillons très dur. Nous sommes une équipe humble et travailleuse. Tout le monde au club partage la même mentalité : nous sommes très ambitieux et nous voulons toujours repousser nos limites. C’est également l’un des critères que nous retenons lorsque nous recrutons de nouveaux joueurs et membres du staff. Nous recherchons toujours des personnes très ambitieuses et animées par la faim de réussite. »

Pour Leko, le football reste un sport collectif dans lequel les moyens financiers ne garantissent pas systématiquement les résultats. Le parcours européen des Brugeois en est, selon lui, une illustration : « Ce qui rend le football si intéressant, c’est que c’est un sport collectif. Les clubs qui disposent des salaires les plus élevés ou des plus gros budgets ne gagnent pas toujours. Je pense que nous sommes la preuve parfaite qu’avec du travail, de l’humilité et un grand esprit d’équipe, on peut obtenir des résultats fantastiques en Europe. »

Le départ surprise de La Gantoise

Le retour d’Ivan Leko au Club Bruges, en décembre 2025, avait surpris le monde du football belge. Alors qu’il était encore sous contrat avec La Gantoise, l’entraîneur avait activé sa clause libératoire pour rejoindre les Blauw en Zwart. Une décision qui avait pris de court son ancien club.

Le technicien croate reconnaît lui-même avoir été surpris par la rapidité des événements : « Cela a surpris tout le monde, moi y compris. J’étais très heureux à La Gantoise et reconnaissant pour cette opportunité. Nous construisions quelque chose de positif ensemble. Puis, tout à coup, l’appel du Club Bruges est arrivé. On n’anticipe jamais ce genre de situation, mais c’est le football et il faut prendre des décisions rapidement. J’avais déjà joué à Bruges et j’y avais aussi été entraîneur auparavant. Mon lien avec le club est donc exceptionnellement fort. À ce moment-là, j’ai senti que c’était la bonne décision. »

Leko assure que son choix n’a pas été facile sur le plan humain, compte tenu des relations qu’il avait nouées à Gand. Il estime toutefois avoir saisi une opportunité importante pour sa carrière : « Cela a été difficile sur le plan personnel et humain, car on noue des relations étroites avec les gens. Mais professionnellement, c’était une opportunité que je devais saisir. Avec le temps, je pense que davantage de personnes le comprendront. Habituellement, les entraîneurs sont licenciés après de mauvais résultats. Mais lorsqu’un entraîneur réussit, d’autres clubs viennent et paient sa clause libératoire. Professionnellement, tout a été fait dans les règles, à 100 %. Tout s’est simplement produit très rapidement, ce qui a naturellement été un choc pour moi et certainement pour les deux clubs. »

Le calendrier a rapidement réservé une affiche particulière à Ivan Leko : dès son troisième match sur le banc brugeois, il retrouvait La Gantoise. Une rencontre forcément délicate : « C’était très émouvant, car j’avais travaillé étroitement avec mes joueurs de La Gantoise pendant six mois et je devais soudain préparer une équipe contre eux. C’était un moment très difficile. Si j’avais pu éviter cette affiche, je l’aurais probablement fait. Mais nous sommes des professionnels et nous devons mettre nos émotions de côté. En même temps, le football est porté par la passion et l’émotion. Sans cela, le jeu ne serait pas aussi passionnant pour qui que ce soit. »