« Un sentiment de honte » : Bardet revient sur l’abandon d’Evenepoel au Tour de France

« Un sentiment de honte » : Bardet revient sur l’abandon d’Evenepoel au Tour de France - Jérôme Jordens

Dans le podcast Safe Pace, Romain Bardet a cité l’abandon de Remco Evenepoel sur le Tour de France lorsqu’on lui a demandé quel était l’échec sportif qui l’avait le plus marqué récemment.

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BELGA

L’abandon de Remco Evenepoel avait marqué les esprits de tous sur le dernier Tour de France. Le maillot blanc, à l’agonie, avait fini par mettre pied à terre et rentrer dans la voiture de l’équipe Soudal Quick-Step.

Un événement qui a touché Romain Bardet, réputé proche du Belge. Dans le podcast Safe Pace, le désormais ancien coureur français a avoué que c’était l’échec sportif qui l’a le plus marqué récemment.

« Il est attendu, c’est le Messie en Belgique », lâche-t-il d’emblée. « Et pour l’avoir vu décrocher dans le Tourmalet, alors qu’on attendait de lui qu’il challenge Pogacar et Vingegaard. Dès le début de l’étape, je l’ai vu blanc, livide, je savais ce qu’il allait se passer ».

Des grandes déceptions, Romain Bardet en a également connu, la pression d’être le Français qui met fin à une longue période de disette aussi. Alors forcément, il sait ce qu’a ressenti le Belge : « Je me suis mis à sa place, à mon humble échelle, d’avoir vécu ça. Quand la caméra s’attarde sur lui, qu’il a juste envie de se cacher. Il n’est pas rentré chez lui depuis plus de trois mois. Vivre en altitude, à peser tout ce qu’il mange. Et là, c’est le money time et tout le monde le regarde, seul dans son désespoir. Ses équipiers qui essaient de lui mettre une petite tape. Mais à ce moment-là, il n’y a pas grand-chose qu’on puisse dire ou même faire pour lui. Je crois qu’on est seul face à son destin et ce sont des moments difficiles à vivre et même comme témoin du destin d’un autre ».

Être filmé dans un des moments les plus difficiles de sa carrière, c’est une grosse épreuve mentale, même si le Français explique qu’il faut savoir prendre du recul : « C’est difficile parce que je crois que ça témoigne d’une grande sincérité dans le sport, mais on se sent tellement vulnérable. Et même si pour moi, ça reste, je ne vais pas dire du spectacle, mais ça reste du divertissement. Alors c’est un métier, il y a des enjeux, mais ça reste du sport. Donc il faut aussi relativiser les enjeux ».

Malgré tout, Romain Bardet reconnaît la difficulté du moment : « C’est vrai qu’on se sent complètement démuni. Et puis un sentiment de honte qui te parcourt parce que les gens, ton entourage, tes sponsors, ton équipe placent des espoirs en toi et en retour, tu as envie de délivrer un certain niveau de performance. En tout cas, d’engagement et situer dans la hiérarchie là où on t’attend. Et donc dans ces moments-là, quand ça explose à la face du monde, c’est vrai qu’il y a une remise en question personnelle, forcément, qui s’applique ».