« Nous l’avions vraiment perdu » : Patrick Evenepoel se confie sur le changement d’équipe de Remco

« Nous l’avions vraiment perdu » : Patrick Evenepoel se confie sur le changement d’équipe de Remco - Samuel Guadi

Dans un entretien accordé à Het Nieuwsblad, Patrick Evenepoel, livre un témoignage rare sur la distance salutaire qui s’est installée et sur la métamorphose émotionnelle de son fils.

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BELGA

Pour Patrick Evenepoel, le changement d’environnement de son fils Remco a nécessité un apprentissage personnel. Ancien coureur lui-même, il reconnaît avoir parfois voulu trop s’impliquer, par réflexe de protection dans un milieu qu’il jugeait autrefois dangereux : « Au début, je voulais peut-être trop interférer. Mais à quoi vous attendez-vous ? Remco avait dix-neuf ans quand il est devenu pro. » Il n’hésite d’ailleurs pas à comparer sa situation à celle d’une autre légende du peloton : « Je ne suis pas le seul. J’envoie souvent un message à Adrie van der Poel. C’est la même chose pour lui. Au début avec Mathieu, il était beaucoup plus impliqué. S’il donne un conseil à Mathieu maintenant, la réaction est immédiate : « Qu’est-ce que tu y connais ? » »

Si le passage chez Red Bull a apporté une distance géographique et organisationnelle, Patrick y voit une séparation saine des responsabilités. Chez Soudal Quick-Step, la proximité était totale, presque trop familière. Aujourd’hui, le cadre est plus formel, plus professionnel : « À la Soudal Quick-Step, nous connaissions tout le monde. Si Remco avait besoin de quelque chose, nous pouvions rapidement conduire jusqu’au service course. Aujourd’hui, il y a plus de distance, au sens propre comme au figuré. Mais peut-être est-ce mieux ainsi ? »

Meilleure santé mentale

Désormais, les discussions entre le père et le fils ne tournent presque plus autour du vélo. Patrick ignore tout de son programme d’entraînement ou de ses prochaines courses, préférant laisser ce rôle aux coachs et directeurs sportifs : « Je lis cela dans les journaux comme tout le monde. »

Au-delà des cinq victoires déjà acquises en huit jours de course cette saison, c’est l’état psychologique de Remco qui frappe son père. Patrick décrit un fils métamorphosé, libéré d’un poids immense. Il compare ce départ de chez Quick-Step à ceux de Kompany ou Lukaku à Anderlecht : un besoin de « grandir » et de changer d’air pour franchir un nouveau palier. Mais pour un parent, l’essentiel se situe bien loin des podiums : « Savez-vous ce que j’ai souvent pensé ces dernières semaines ? À cette même période il y a un an et à quel point Remco était au plus bas. Nous l’avions vraiment perdu en tant que personne. Le voir si heureux aujourd’hui, c’est tellement plus important que les performances. Aucune victoire ne peut rivaliser avec cela. »