« Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir » : le staff Lotto réagit à l’abandon de De Lie

« Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir » : le staff Lotto réagit à l’abandon de De Lie - Samuel Guadi

L’abandon précoce d’Arnaud De Lie sur les routes de la Grande Boucle continue de faire couler beaucoup d’encre. Face aux tacles appuyés de Tom Boonen sur la gestion du coureur, la direction de la formation belge a vivement répliqué dans les colonnes de Sudinfo.

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L’analyse de Tom Boonen sur les choix d’Intermarché-Lotto a immédiatement mis le feu aux poudres. Le quadruple vainqueur de Paris-Roubaix a fustigé la décision d’aligner un coureur amoindri par une infection abdominale. Dans l’émission « Vive le vélo », il a livré un avis tranché : « Je n’ai pas souvent vu un coureur se remettre en forme pendant le Tour. Si tu es déjà malade les jours précédents, qu’il fait une telle chaleur et que le départ est si difficile, dis simplement que tu rentres chez toi. Ou mieux encore : en tant qu’équipe, ne le laisse pas prendre le départ. Si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Il y a parfois des années où rien ne va. Il vaut mieux chercher la cause plutôt que de continuer comme ça. »

Ces reproches, amplifiés par les critiques sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive irritation chez les dirigeants d’Intermarché-Lotto. Le staff affirme avoir scrupuleusement respecté le verdict des médecins ainsi que le souhait du coureur.

Une préparation impeccable

Particulièrement remonté au lendemain du retrait de son leader, le manager Kurt Van de Wouwer a tenu à défendre fermement son équipe auprès de Sudinfo : « Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir. Dès qu’Arnaud est tombé malade, il a subi une prise de sang. Les résultats étaient parfaitement normaux. Médicalement, rien ne justifiait qu’il ne prenne pas le départ. L’an dernier, il avait souffert au début du Tour et même à la fin lors de l’avant-dernière étape, avant de réaliser une très belle performance le lendemain sur l’étape passant par Montmartre. »

Le médecin en chef de l’équipe, Gerald Ackerl, a soutenu cette approche. Si des interrogations subsistent sur les conséquences à long terme de sa maladie de Lyme contractée par le passé, le docteur autrichien s’est montré factuel sur cet épisode précis : « Nous l’ignorons. Ici, il s’agissait d’une infection abdominale et la prise de sang était normale. Il n’était pas capable de performer au meilleur niveau mais le temps pouvait jouer en sa faveur. Sauf que le début du Tour était très dur, rapide et disputé sous une forte chaleur. »

Le directeur sportif Pieter Vanspeybrouck a quant à lui déploré les conclusions hâtives des consultants, rappelant que la préparation de De Lie avait été irréprochable : « Avant le Tour, il a suivi une préparation parfaite. Nous voyions ce qu’il faisait à l’entraînement avec le soutien de son entraîneur. Je comprends les questions des analystes, mais ils ne voient pas tout, tout comme nous ne révélons pas tout. »

Quelle suite cette saison ?

Pour calmer le jeu autour de cette saison jugée difficile, Kurt Van de Wouwer a également tenu à remettre les résultats du Taureau de Lescheret en perspective : « Cette saison, il a tout même remporté deux courses. Combien de coureurs peuvent en dire autant dans le peloton ? En quatre saisons chez nous, il a gagné 35 courses. Très peu de coureurs peuvent présenter un tel palmarès à son âge. »

L’enjeu des prochaines semaines sera crucial, d’autant que l’avenir de De Lie s’écrira désormais loin de sa structure de formation, lui qui rejoindra l’équipe suisse Tudor la saison prochaine. Malgré ce départ acté en coulisses, la confiance reste de mise pour la fin de l’été. Jean-François Bourlart a d’ailleurs dévoilé la feuille de route pour les semaines à venir : « Lorsque je l’ai quitté lundi soir, je lui ai conseillé de d’abord prendre quelques jours de repos mais aussi de refaire des examens complets, prise de sang etc. Nous devons savoir et lui aussi, ne rien négliger. Quand le coureur vous dit le vendredi, la veille du Tour, et d’ailleurs vous étiez là : « ça va aller, pas d’inquiétude », on lui fait confiance ! Ensuite, via un petit stage, il reprendra l’entraînement. Nous comptons sur lui pour la deuxième partie de la saison dans un environnement d’épreuves qui lui conviennent bien. »