Maillot jaune : Pogacar peut-il perdre à la pédale ?
Au départ de ce Tour de France, il y a un immense favori : Tadej Pogacar. Le Slovène, à la recherche de son cinquième maillot jaune, est pratiquement imbattable depuis trois ans. Cette année encore il a multiplié les succès : vainqueurs au Strade Bianche, à Milan-Sanremo, à Liège-Bastogne-Liège, au Tour de Romandie et au Tour de Suisse. Seul revers : à Paris-Roubaix, au sprint. C’est simple, la dernière fois qu’il n’a pas remporté une course à étapes… c’était en 2023, au Tour de France.
Jonas Vingegaard et Paul Seixas peuvent-ils empêcher ce cinquième sacre ? Le Danois, qui a remporté son quatrième grand Tour cette année en Italie, pourrait ne pas avoir assez de jus pour faire le poids face au Slovène. Avant Pogacar en 2024, il faut remonter à Marco Pantani en 1999 pour retrouver les traces du dernier doublé Giro-Tour.
De son côté, Paul Seixas, très impressionnant cette saison, va disputer son premier Grand Tour et reste une véritable énigme sur trois semaines. Le cyclisme a basculé dans l’irrationnel ces dernières années mais imaginer un jeune de 19 ans remporter le Tour semble plus qu’improbable.
Derrière, il faudra compter sur Remco Evenepoel et Florian Lipowitz pour la Red Bull Bora-Hansgrohe. Co-leaders pour l’instant, une hiérarchie plus claire en troisième semaine pourrait dynamiter la course. Citons également Juan Ayuso, leader pour Lidl-Trek cette saison après plusieurs années frustrantes chez UAE.
Maillot vert : un duo Belge ultra-favori
Il y a deux favoris assez évidents pour le maillot vert : Jasper Philipsen et Tim Merlier. Le premier arrive avec un train exceptionnel composé de Jonas Rickaert, Kaden Groves et surtout Mathieu van der Poel. Il a montré encore cette saison être plutôt à l’aise dans les bosses et pourrait jouer la gagne sur plus d’étapes qu’il n’y paraît.
Merlier, qui est revenu à la compétition fin mars après avoir eu des problèmes au genou, a rapidement montré qu’il restait l’un des sprinteurs les plus rapides au monde, si ce n’est le plus rapide. Avec six victoires au compteur, Tim arrive avec un statut de favoris.
Derrière les deux ogres belges, seul Mads Pedersen semble en mesure de lutter. Pas le meilleur en sprint pur, le Danois est en revanche bien meilleur sur les étapes accidentées et pourrait grapiller des points sur beaucoup plus d’étapes que Philipsen et Merlier. Une victoire qui rappelerait celles de Peter Sagan, qui a ramené le maillot vert deux fois sans avoir gagné une seule étape.
Enfin, on notera les noms d’Olav Kooij, Biniam Girmay et Arnaud de Lie en tant qu’outsiders. Quant à Tadej Pogacar, il semble hors-course. Le nouveau barème donne plus de points sur les étapes de sprints et les sprints intermédiaires et devrait maintenir le Slovène à bonne distance.
Maillot à pois : le plus imprévisible
Le maillot à pois est assurément le plus difficile à prévoir car les favoris se dessinent bien plus pendant le Tour qu’avant, contrairement aux autres maillots. Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, les deux meilleurs grimpeurs du plateau, l’ont remporté en même temps que le jaune en 2020, 2021, 2022 et 2025. Mais une réforme des points après 2022 a justement rendu plus difficile l’obtention du maillot à pois pour les favoris du général, sauf ultradomination comme celle de Pogacar l’an dernier.
Quelques coureurs visent a priori les victoires d’étapes et le maillot à pois : Lenny Martinez, Richard Carapaz et Egan Bernal. Trois très bons grimpeurs qui n’ont pas d’ambition pour le classement général et devraient donc être à l’attaque dès que possible en troisième semaine. Il faudra ensuite voir du côté de certaines déceptions des premières semaines, des grimpeurs qui pourraient se rabattre sur le maillot à pois comme Ben O’Connor, Kevin Vauquelin ou encore Cian Uijdebroeks.
Maillot blanc : une course à trois
Il n’y a pas besoin d’épiloguer longtemps sur ce maillot blanc : c’est très clairement une course à trois et l’on va reparler des mêmes que pour le classement général. Le favori est Paul Seixas, qui a de grandes ambitions pour le classement général, en tant que leader de la Décathlon CMA-CGM.
Juan Ayuso, lui aussi ambitieux avec la Lidl-Trek, pourrait repartir de Paris avec la tunique blanche. Si l’on peut se poser des questions sur la capacité de Seixas à courir pendant trois semaines à très haut niveau, n’oublions pas qu’Ayuso arrive également avec des interrogations, lui qui a déjà abandonné d’un Grand Tour à deux reprises et dont la dernière belle performance date de 2023.
Deux interrogations qui pourraient profiter au troisième homme, Isaac Del Toro. Le Mexicain sera évidemment au service de Pogacar pour la victoire finale et lâchera sûrement de grosses forces dans certaines étapes mais pourrait néanmoins figurer dans le top 10 à la fin du Tour. Deuxième d’un Giro qu’il a failli remporter l’an passé, Del Toro pourrait profiter de défaillances inattendues de Seixas et Ayuso pour l’emporter.













