Incapable de hisser la Celeste en seizièmes de finale de la Coupe du Monde, Marcelo Bielsa a jeté l’éponge. Marqué par cet échec retentissant, le technicien de 70 ans n’a pas caché sa déception : « Cette fin, ces adieux, sont très douloureux. Vu les espoirs que j’avais et la façon dont cela s’est mal terminé. Ma responsabilité est très claire, je ne peux pas justifier notre résultat final. (…) Si je devais évaluer la performance de l’équipe, je dirais que nous avons déçu les supporters. C’est un échec difficile à encaisser. »
Assumant la mauvaise gestion de son effectif, l’Argentin a toutefois profité de cette ultime tribune pour répondre aux accusations de rupture avec son groupe, dévoilant les nombreuses concessions qu’il a dû faire face à la fronde de ses joueurs.
Bielsa a révélé que les cadres de la sélection avaient directement contesté ses méthodes jugées trop spartiates, notamment ses séances scindées en deux groupes pour s’adapter au climat lourd : « Les joueurs ont suggéré de ne plus s’entraîner séparément. (…) S’entraîner 40 minutes, ce n’est pas pareil qu’une heure et demie. Si tout le monde s’entraîne ensemble, je ne peux pas surveiller 30 joueurs en même temps. Mais je devais accéder à une telle demande. Ils voulaient se sentir proches et unis. J’ai tout de suite accepté, vu leurs arguments. »
Le vestiaire a également imposé un veto sur la théorie. « On m’a aussi demandé de réduire le nombre de causeries d’équipe », a-t-il avoué, concédant avoir plié pour maintenir la paix. Pour autant, Bielsa refuse que l’on attribue l’élimination à ce conflit d’autorité : « Je ne peux pas laisser croire que les joueurs n’ont pas mieux joué parce qu’ils étaient en colère contre moi. »
El Loco est également revenu sur des cas individuels épineux, égratignant au passage sa propre fédération dans la gestion de la blessure de Ronald Araújo, qu’il estime avoir été freiné dans sa rééducation. Il s’est enfin défendu de toute fracture avec la star du Real Madrid, Federico Valverde : « Vous me dites que si je remplace un joueur à la 60e minute, je le mets en danger. C’est absurde, cela fait partie de son travail. (…) S’il y a un conflit, je l’ignore car je n’ai jamais eu de problème avec Valverde. J’ai rêvé d’entraîner Araújo, Valverde, Bentancur… »













