« Il y a des gens qui souhaitent la mort de nos filles » : Ronald Araujo revient sur sa dépression

« Il y a des gens qui souhaitent la mort de nos filles » : Ronald Araujo revient sur sa dépression - Jérôme Jordens

La santé mentale est un sujet de plus en plus mis en avant par les sportifs de haut niveau. Touché par la dépression, Ronald Araujo est revenu sur cet épisode douloureux et sur les menaces que sa famille a reçues.

circus
Photo
Josep LAGO / AFP

Ronald Araujo vient de vivre les mois les plus difficiles de sa carrière. Le défenseur du FC Barcelone est revenu en janvier d’une période de plusieurs mois loin des terrains. Pourtant, l’Uruguayen ne souffrait d’aucune blessure physique.

Le joueur de 26 ans avait sombré dans la dépression au lendemain d’une exclusion en Ligue des champions face à Chelsea en novembre dernier, pointé comme le principal coupable de la défaite des siens. Il avait alors demandé à prendre du recul et son club l’avait autorisé à quitter Barcelone, le temps de se remettre.

Il était réapparu lors de la finale de la Supercoupe d’Espagne, en janvier, lorsqu’il était monté une minute face au Real Madrid. Il a depuis rejoué à plusieurs reprises et a notamment inscrit un but en coupe d’Espagne face à Albacete.

Ce mercredi, Mundo Deportivo a publié un entretien dans lequel Araujo revient sur cette période difficile. « Contre Chelsea, je quitte le terrain plein d’adrénaline. Puis sont venus la tristesse et le sentiment de culpabilité. Quand le match s’est terminé, tout est remonté à la surface », retrace le solide défenseur.

Si c’est ce soir du 25 novembre qu’il a pris conscience de ses problèmes, Araujo admet qu’il traînait ceux-ci depuis un moment : « Je sentais déjà que je n’allais pas très bien. Par habitude, j’ai continué mais en réalité, j’avais besoin d’aide. Cela faisait un an et demi que je souffrais d’anxiété qui s’est transformée en dépression. Pourtant, j’ai continué comme si de rien n’était. Mais ce jour-là, j’ai pris conscience que c’était trop, que je devais parler avec des professionnels et avec le club, pour qu’on puisse m’aider ».

Et ce qui a sans doute aidé le défenseur, c’est la réaction de son club, qui l’a directement soutenu. « Flick m’a directement envoyé un message pour me dire que je devais prendre le temps nécessaire. Cela m’a donné la sérénité nécessaire pour revenir. C’était indispensable, car il y avait des jours où je n’avais pas envie de me lever », avoue Araujo.

Il revient également sur une part importante de son mal-être : les réseaux sociaux. S’il explique avoir lu de nombreux messages virulents à son encontre, un épisode en particulier l’a marqué : « Je buvais du maté avec ma femme. Soudain, j’ai vu son visage se transformer complètement alors qu’elle regardait son téléphone, des larmes coulant sur ses joues. Je lui ai demandé ce qu’elle voyait. ‘Il y a des gens qui souhaitent la mort de nos filles’».

Face à de telles menaces, l’Uruguayen a forcément été très touché : « Quand on vit une telle situation, on réalise à quel point certaines personnes peuvent être folles. Elles ne vous affectent pas seulement vous, mais aussi votre femme et toute votre famille. Malheureusement, c’est le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui ».

Désormais revenu dans un état d’esprit plus positif, Araujo en a profité pour passer un message de prévention : « Au final, nous sommes bien plus que de simples footballeurs. Il n’y a pas que l’argent et la célébrité qui comptent. Nous portons aussi en nous des valeurs, sur et dehors du terrain ».