Polémique sur la F1 au Rwanda : Amnesty International dénonce un « trophée de sportwashing »

Polémique sur la F1 au Rwanda : Amnesty International dénonce un « trophée de sportwashing » - Samuel Guadi

L’annonce d’un Grand Prix de Formule 1 au Rwanda au début des années 2030 a rapidement provoqué des réactions. Amnesty International accuse la discipline de contribuer à redorer l’image du pays dirigé par Paul Kagame, en dénonçant la situation des droits humains.

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AFP

Ce mardi, après l’officialisation de l’organisation d’un Grand Prix au Rwanda à partir du début des années 2030, Amnesty International a vivement critiqué le projet et la décision de la discipline de s’associer au pays présidé par Paul Kagame.

Pour l’organisation de défense des droits humains, cet accord risque de servir les intérêts de l’image internationale du Rwanda : « Un Grand Prix de dix ans présenté par Visit Rwanda constitue un trophée de sportwashing pour les autorités rwandaises », a déclaré Felix Jakens, responsable des campagnes d’Amnesty UK. « Le Rwanda investit dans les plus grands événements sportifs mondiaux pour redorer son image et détourner l’attention de son bilan désastreux en matière de droits humains. »

L’accord prévoit l’organisation d’une course sur un circuit qui doit encore être construit à proximité d’un nouvel aéroport international, au sud de Kigali, la capitale rwandaise. Si le projet se concrétise, il marquera le retour de la Formule 1 sur le continent africain pour la première fois depuis 1993. La discipline n’y a plus organisé de Grand Prix depuis la dernière édition disputée en Afrique du Sud, à Kyalami.

Pour la Formule 1, l’arrivée d’un Grand Prix au Rwanda doit permettre de toucher un public plus large et de renforcer l’intérêt pour le sport automobile en Afrique : « L’opportunité d’inspirer et de faire découvrir la passion de la F1 à 100 millions de personnes à travers l’Afrique, et que le sport peut être une force positive pour le bien », a expliqué un porte-parole de la discipline.

Cette vision ne convainc toutefois pas Amnesty International. Felix Jakens estime que la F1 devrait utiliser son influence pour encourager des changements plutôt que de contribuer à une opération de communication autour des autorités rwandaises : « Les autorités rwandaises se rendent fréquemment coupables de détentions arbitraires, de torture et de répression de la liberté d’expression », a-t-il affirmé, exhortant la discipline à promouvoir le changement « plutôt que de prêter sa marque à une opération de relations publiques ».