Le monde du football se demandait comment allait se terminer l’accrochage entre Jorge Jesus et Cristiano, avec le départ anticipé du capitaine de la Seleçao lors du dernier rassemblement du Portugal. Comment réintégrer la star de 41 ans ?
La réponse, Cristiano Ronaldo l’a donnée ce jeudi. Il n’y aura pas de retour. L’histoire s’arrête là. Nette. Le meilleur buteur de l’histoire de la sélection a annoncé dans une vidéo qu’il mettait un terme à sa carrière internationale.
Une vidéo de cinq minutes dans laquelle Cristiano Ronaldo lit une lettre de remerciements au-dessus des images retraçant sa carrière internationale.
L’histoire s’arrête donc après 234 matchs et 146 buts. Un départ sans une dernière danse sur le terrain. Après la retraite internationale de Lionel Messi plus tôt dans l’année, 2026 restera donc l’année où les deux joueurs qui ont dominé le football mondial au 21e siècle ont dit au revoir à leur sélection.
La longue lettre d’adieux de Cristiano Ronaldo au Portugal
« Aux Portugais, le jour de rendre le numéro 7 à l’équipe nationale est arrivé. Je n’étais jamais senti qu’il appartenait seulement à moi. Mais pendant 23 ans, j’ai eu le privilège et la responsabilité de le porter, de le défendre dans des stades partout dans le monde.
Aujourd’hui, le temps est venu de le passer au futur. Ça n’a pas été une décision facile. Parce que certaines décisions ne se prennent pas seulement avec la tête. Elles sont aussi prises avec le coeur.
Un voyage qui a commencé en août 2023 et a changé ma vie pour toujours arrive à sa fin. Quand je regarde en arrière et tout ce que j’ai vécu avec la Seleçao, je ne vois pas juste des matchs, des buts, des records et des trophées. Je vois des personnes. Je vois les Portugais qui vivent partout dans le monde qui, pendant 90 minutes, se sentent un peu plus proches de la maison. Je vois des millions de Portugais que je n’ai jamais rencontré, mais qui sont devenus une partie de ma vie. Parce que, à la fin, le football est beaucoup plus qu’un simple jeu. Le football, ce sont les gens.
Pendant ma carrière avec l’équipe nationale, j’ai toujours poussé plus loin que mes limites. Je voulais gagner. Je voulais être plus fort. Je voulais écrire l’histoire. J’ai toujours demandé le meilleur de moi-même. J’ai toujours voulu plus. J’ai toujours pensé qu’on pouvait aller plus loin. Et j’ai toujours tout donné pour ce maillot.
Il y a eu des soirées parfaites, des victoires que je n’oublierai jamais. Il y a des défaites qui font toujours mal. J’ai fait des erreurs. J’ai souffert. Il y a eu des moments où je n’ai pas pu donner au peuple portugais ce qu’il voulait désespérément. Mais je n’ai jamais abandonné. Et par dessus tout, je n’ai jamais cessé d’être fier de représenter le Portugal.
Tout au long de ces années, j’ai appris quelques choses simples : les buts s’effacent, les trophées finissent dans les musées, les records peuvent être battus. Mais il y a quelque chose que le temps ne peut jamais effacer : la place que l’on occupe dans le coeur des gens. Si je vous ai un jour rendu heureux, si un de mes buts vous a fait embrasser quelqu’un, oublier un tracas, ou être fier de notre pays, alors ça valait la peine. Parce qu’être Portugais, c’est tout cela. On souffre ensemble et on se relève ensemble. On parvient à croire à nouveau.
Le Portugal aura toujours besoin de jeunes qui osent avoir un rêve, des joueurs qui n’abandonnent jamais. De nouvelles générations qui pensent que c’est possible d’aller là où personne n’est jamais allé auparavant. Parce qu’un pays qui continue à créer de nouveaux héros est un pays qui n’arrête jamais de croire en lui.
A mes équipiers, je veux dire quelque chose de spécial. Merci pour chaque course, chaque embrassade, chaque désaccord, pour chaque silence avant de rentrer sur le terrain. Pour chaque victoire que nous avons célébré ensemble et chaque défaite qui nous a rendu plus fort. J’ai eu le privilège d’être votre capitaine, mais aucun capitaine ne marche seul. Et vous ferez toujours partie de mon histoire.
A tous les coachs, directeurs, médecins, kinés, responsables du matériel, membres du staff, et tant d’autres qui ont travaillé avec moi pendant toutes ces années, merci. Beaucuoup d’entres vous ne sont jamais apparus sur les photos, mais sans vous, aucune de ces photos n’aurait existé.
A ma famille, merci d’avoir partagé ce rêve avec moi. Merci d’avoir compris mes absences, les sacrifices et les moments où l’équipe nationale a pris une place dans ma vie qui vous appartenait aussi. Si je suis arrivé si loin, c’est parce que nous avons toujours avancé main dans la main.
Et aux Portugais, à tous les Portugais, où que vous soyez dans le monde, il y a une dernière chose que je veux vous dire. Il y a une image que je garderai toujours en moi : le moment où l’hymne nationale commence. Je regarde autour de moi, je vois mes équipiers, je vois les tribunes et je vois des enfants, des mères, des pères et des grands-parents. Je vois des Portugais qui ont voyagé si loin juste pour être là. Et pour ces quelques minutes, toutes nos différences disparaissent. Il n’y a plus de clubs, plus de couleurs, plus de classes sociales, plus de professions, plus d’opinions, il n’y a qu’une seule passion : le Portugal. C’est le sentiment que je garderai avec moi pour le reste de ma vie.
Aujourd’hui se termine mon voyage sur le terrain avec l’équipe nationale. Je pars avec la tête haute, fier de ce que j’ai accompli et en sachant que j’ai donné tout ce que j’avais pour le Portugal. Mais je n’arrêterai jamais d’être un des vôtres. Je vais continuer à soufrire, vibrer, et célébrer chaque victoire portugaise avec un Siuuuuu.
J’ai passé ma vie à travailler pour devenir le meilleur joueurs du monde. Aujourd’hui, je réalise que ma plus grande victoire est d’avoir obtenu l’honneur de représenter le meilleur pays du monde.
Merci pour ces 23 années. Merci d’avoir cru en moi. Merci de m’avoir permis de vivre un rêve qui a commencé quand j’étais un petit garçon à Madeire, à courir après un ballon.
Le numéro 7 va rester. La fierté de l’avoir porté sera la mienne pour toujours. Le Portugal sera toujours en moi.
Au revoir, et à bientôt.
Cristiano Ronaldo ».













