Nicolas, on s’attendait à ce que tu sois dans un autre club que les Glasgow Rangers. Est-ce que tu peux revenir sur ton été ?Oui, ça a été un été compliqué. Après la Coupe du Monde, qui a été top, on est rentrés dans la période des transferts et ça n’a pas été facile. Il y a eu plusieurs facteurs qui sont entrés en jeu et qui ont fait que ça ne s’est pas fait. Dans le foot, ce n’est pas si facile de faire un transfert : il y a beaucoup de choses qui entrent en compte et qui doivent s’aligner. Ce n’était pas le bon moment, ça ne s’est pas fait. Je ne veux pas pleurer, c’est le foot. Je regarde vers l’avant et je continue à m’entraîner, à travailler dur, avec la perspective d’obtenir ce transfert lors des prochains mercatos.Sans rentrer dans les détails, qu’est-ce qui a pu coincer ?Ce n’était pas forcément une question de club ou de destination. Je pense que c’était quelque chose d’indépendant de ma volonté ou de celle du club. C’était tout ce qui tourne autour du foot et qui n’est finalement pas forcément le plus agréable dans le football. Ça a posé pas mal de problèmes qui ont fait que le timing n’était pas bon et que ça ne s’est pas fait.Plus les jours avançaient, plus tu commençais à stresser ou à douter avant la fin du marché ?Stresser, non, parce qu’au final, je ne suis pas dans une position où je suis en détresse et où il faut absolument que je parte. C’est un bon club, je joue mes matchs, on a une belle équipe cette année et on peut faire de belles choses. Ce n’est donc pas que j’étais obligé de partir. Mais si tu me demandes si j’avais envie de passer un cap et de continuer à progresser, je vais te dire que oui. Maintenant, ce ne sont jamais des périodes faciles, les mercatos, que ce soit pour les joueurs ou même pour les familles. Tu ne sais jamais : on t’appelle, « oui, mais oui, mais non », et finalement, toi, tu es juste là à attendre que le téléphone sonne. Ce n’est pas agréable. Mais stressé ou quoi que ce soit, non, pas forcément.Tu te souviens précisément du moment où tu as compris que c’était terminé ?Oui, ma deadline à moi a été particulière. Je crois que c’était le 1er septembre, au matin. On m’appelle pour me dire qu’il y a une offre de Besiktas, avec des intérêts et des accords presque déjà trouvés. Mais moi, le soir, j’avais un match. Je vais donc à l’hôtel, mon téléphone sonne, le groupe est là, on est en train de manger tous ensemble et je reçois tous les retours des clubs. À 17 heures, on part vers le match, je suis dans le bus et je suis encore en train de me dire : « Non, je ne viens pas. Non, oui, je viens. Non, je ne viens pas ». Et une heure après, j’avais le match de championnat. J’ai commencé le match et j’ai dû jouer. Tu n’as donc pas forcément le temps de trop penser. À partir du moment où j’ai dit non, j’ai joué le match. Et je savais que je continuais.Est-ce que tu as eu besoin de temps pour digérer ?Une heure avant de jouer. Le lendemain, tu continues à réfléchir, mais tu sais que c’est fini. Et puis, trois jours après, tu rejoues. Tu n’as donc pas beaucoup de temps pour faire le déclic.Un départ vers le Golfe a-t-il aussi été une possibilité, malgré ton jeune âge ?Oui, ça a été dans les discussions parce qu’évidemment, ça change une vie. Ça change même plusieurs vies autour de toi. Donc, si ça vient, c’est quelque chose auquel tu dois réfléchir. Mais ce n’était pas une priorité, pas du tout.Tu as parlé de ton envie de passer un cap. Est-ce que rejoindre un club plus prestigieux pourrait t’aider à devenir vraiment titulaire indiscutable chez les Diables ?Je pense qu’il y a plusieurs choses à savoir. Aller dans un club prestigieux et moins jouer, ça ne va pas t’aider. Aller dans un club prestigieux et jouer, bien sûr que ça va t’aider. Après, je pense que le plus important reste les performances que tu vas faire ici en équipe nationale, que ce soit à l’entraînement ou en match, et la façon dont tu vas te montrer par rapport au coach. En équipe nationale, il y a aussi les profils qui sont importants par rapport à certains matchs. Tu as peut-être besoin de profils différents, de choses différentes. Et c’est le coach qui décide à la fin et qui fait du mieux possible pour l’équipe.Avec Rudi Garcia, tu étais un joueur important. Est-ce que tu estimes avoir le même statut avec Marc van Bommel ?Il n’y a rien qui est garanti, rien qui est donné. C’est comme pour tout dans le foot : chaque nouvelle saison, chaque nouveau coach, tout recommence. À moi de faire du mieux possible. Quand j’aurai la chance d’avoir des minutes, je devrai bien faire pour montrer que je peux être important dans la façon de jouer du coach.Tu as déjà pu discuter avec Marc van Bommel ?J’ai eu beaucoup de discussions avec le coach durant le mercato. Il m’a fait comprendre qu’il fallait que je fasse ce qui était le mieux pour moi et pour ma carrière, et qu’il avait confiance en moi.Est-ce que sa philosophie te plaît ?Oui, c’est une belle philosophie. Elle est portée vers l’avant : jeu vers l’avant, pressing en avançant, contre-pressing. Je pense que ça peut bien fonctionner avec le groupe. C’est une philosophie moderne et agréable à jouer.Quelle est la principale différence entre Garcia et Van Bommel ?Il y a des principes qui sont similaires sur certains points. Après, peut-être que le contre-pressing tout terrain que le nouveau coach veut amener est quelque chose de différent. Avec Garcia, on pouvait parfois se dire : « OK, on revient en bloc médian, on attend, on voit ». Ici, quand on perd le ballon, on va essayer d’aller directement le récupérer.Après votre quart de finale de Coupe du Monde, quelles sont les ambitions pour cette Ligue des Nations ?La Coupe du Monde a donné un vent positif à l’équipe. Maintenant, on regarde les matchs avec de l’ambition, en se disant : « OK, on a réussi quelque chose de bien. On peut maintenant s’autoriser à regarder vers l’avant avec plus d’ambitions ». Je pense qu’on a un très bon groupe pour ça. Tout se passe bien entre nous, on travaille dur. L’ambition va être de faire du mieux possible. Bien sûr, c’est un groupe qui n’est pas facile, mais on a ce qu’il faut pour faire de très bonnes choses.Vous allez notamment affronter l’Italie et la France. Tu t’attends à des matchs particuliers avec ces changements de sélectionneur dans chaque équipe ?Tout est possible. On ne sait pas vraiment, parce qu’on n’a pas encore vraiment vu l’Italie avec Mancini ou la France avec Zizou. Mais on va surtout se concentrer sur notre jeu, notre philosophie, ce que le coach veut apporter et les consignes qu’on a. On va faire du mieux possible pour obtenir de très bons résultats.Et affronter Zinédine Zidane, ça représente quelque chose ?Bien sûr, ça a été un super joueur. C’est quelqu’un qu’on a beaucoup regardé. Chaque fois qu’il était au Real, on regardait Zidane, on regardait des vidéos de lui. C’est un super moment, ça va être top de le voir là. Après, comme je l’ai dit, sur le moment même, on sera concentrés sur ce qu’on doit faire pour essayer de faire du mieux possible contre la France.