La tension a fini par déborder entre Youri Tielemans et Leandro Trossard, alors que les Diables rouges étaient au bord du gouffre contre le Sénégal. Mais là où certains s’alarment d’une possible fracture dans le vestiaire, Michel Preud’homme préfère ramener tout le monde à la raison : « Honnêtement, je n’y vois rien d’exceptionnel. Des échanges musclés, il s’en produit chaque semaine, dans tous les clubs et dans toutes les sélections, aussi bien à l’entraînement qu’en match. Ils peuvent être bénéfiques comme contre-productifs. »
Pour l’ex-portier national, recadrer un partenaire sur le terrain fait partie du jeu. Si l’incident prend une telle ampleur aujourd’hui, c’est avant tout à cause d’une époque « où tout est observé, commenté et amplifié sur les réseaux sociaux ». Selon lui, ce pic de nervosité ne vient en aucun cas briser la cohésion affichée par le groupe depuis le début du tournoi : « Une bonne ambiance ne signifie pas l’absence de tensions. Il existe, au cœur d’un match, des instants où il faut accepter de se dire les choses franchement, parfois même avec rudesse. »
Pour appuyer son propos, Preud’homme n’a pas hésité à exhumer un souvenir marquant de sa propre carrière. Il s’est rappelé une explication particulièrement mémorable avec Eric Gerets : « Croyez-vous que nous étions des enfants de chœur à notre époque ? Loin de là. Eric Gerets et moi n’hésitions pas à nous interpeller vivement lorsque la situation l’exigeait. Je me souviens notamment d’une rencontre face à l’Antwerp en 1982, peu avant notre titre de champions de Belgique. Alors que le score était toujours de 0-0, notre altercation avait été particulièrement virulente. »
Loin de plomber l’équipe, cette dispute avait agi comme un véritable électrochoc. Quelques minutes plus tard, Gerets inscrivait le seul but de la partie tandis que Preud’homme sortait un arrêt décisif. « Cette confrontation nous avait transcendés. Elle avait réveillé quelque chose en nous. »













