« L’ambassadeur du football belge » : Mehdi Bayat partage sa vision pour Charleroi

« L’ambassadeur du football belge » : Mehdi Bayat partage sa vision pour Charleroi - Samuel Guadi

Dans un paysage footballistique belge de plus en plus dominé par les capitaux internationaux, le Sporting de Charleroi tente de tracer sa propre voie. Mehdi Bayat assume une politique de gestion prudente, tout en gérant les tensions avec une base de supporters parfois impatiente.

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Le football belge a radicalement muté ces dernières années, voyant de nombreux clubs historiques passer sous pavillon étranger. Pour Mehdi Bayat, au micro de RTL, si Charleroi a choisi la stabilité locale, cela impose des sacrifices sportifs réguliers, notamment lors des périodes de transferts : « Le football est aujourd’hui un secteur qui coûte cher. Et dans lequel les résultats ne sont pas garantis. C’est la raison pour laquelle les supporters de Charleroi se fâchent, se demandant pourquoi nous vendons tel ou tel joueur. Parce qu’il faut équilibrer un budget. Que pour cela, il faut beaucoup d’argent. Et que ces moyens, ce sont les investisseurs étrangers qui les ont, ceux qui rachètent les autres clubs. »

Malgré des résultats sportifs inégaux, la direction carolo mise sur des projets structurants pour assurer l’avenir du club. Mehdi Bayat souhaite retrouver l’élan positif observé cet hiver et réaffirme le rôle social du Sporting pour la ville, tout en gardant les yeux fixés sur l’horizon 2028 : « Quand une équipe performe, elle donne de la passion et de l’ambition à sa ville. C’est ce qu’on essaie de faire à Charleroi. Le Sporting essaie d’avoir ce rôle d’ambassadeur de ce football belge en plein redressement économique. »

Pour lui, le club doit agir comme un moteur de développement, même si la réussite de cette politique varie selon les saisons. « Certaines fois, on le fait bien. D’autres moins. Mais depuis la reprise du club en 2012, on a réussi à mener une politique financièrement saine et à mettre en avant plusieurs projets, comme ce nouveau stade qu’on espère construire pour 2028 et qui nous fera encore franchir un cap », poursuit-il.

La relation avec le public reste un sujet sensible, oscillant entre passion et débordements. Mehdi Bayat ne cache pas son agacement face aux interruptions de rencontres : « Je suis évidemment fâché quand ils arrêtent des matchs. Quand ils allument des fumigènes de manière folklorique, je dis que ça fait partie du football et qu’il faut trouver des solutions », confie le dirigeant. « Il y a d’ailleurs des discussions en cours avec le ministère de l’intérieur pour mener des projets pilotes et encadrer ce type de manifestation », conclut-il.