« Je n’avais pas tout le monde avec moi » : Besnik Hasi revient sur son départ d’Anderlecht

« Je n’avais pas tout le monde avec moi » : Besnik Hasi revient sur son départ d’Anderlecht - Jérôme Jordens

Dans un entretien avec Het Laatste Nieuws, Besnik Hasi a réglé ses comptes avec Anderlecht. Entre sa déception de quitter son club de cœur mais sa frustration quant à la gestion de Marc Coucke et Olivier Renard, le Kosovar n’est pas tendre.

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BELGA

Alors que Jérémy Taravel, son successeur, vient d’être officialisé jusqu’à la fin de la saison par Anderlecht, Besnik Hasi s’est livré auprès d’Het Laatste Nieuws, et est revenu sur son éviction, intervenue juste après une défaite au Standard, dans le Clasico, il y a un mois.

« Ça reste douloureux et difficile », admet le Kosovar. « C’est deux fois plus difficile parce que j’aime Anderlecht. C’est mon club. Je savais dès le début que je n’étais que de passage. Ça ne me dérangeait pas. Je voulais faire franchir une étape à Anderlecht pour que le coach suivant puisse continuer à construire. Mais je n’avais pas tout le monde avec moi. »

Sur la sellette depuis décembre

Malgré tout, il reste quand même beaucoup d’amertume quant à la manière dont se sont déroulées les choses. Conscient du défi qui l’attendait avec une équipe assez jeune, Hasi avait indiqué ses craintes à la direction, qui l’avait rassuré, mais n’a finalement pas tenu parole selon lui. « Où étaient ceux qui, au début de la saison, disaient : ‘si ça va moins bien, nous l’expliquerons à tout le monde ?’ », questionne l’ancien T1 des Mauves. « Je leur avais demandé : ‘et si avec une équipe aussi jeune les résultats baissent un moment ? Vous comme moi connaissons notre public et les médias. Qui expliquera que c’est normal ?’ Ils ont dit qu’ils le feraient… mais en septembre, je n’ai soudain plus vu personne. Pendant trois semaines. Jusqu’à ce qu’on recommence à gagner. »

Pour Hasi, les choses sont évidentes, son sort était en fait déjà scellé : « Je suis dans le football depuis assez longtemps pour savoir que, dans ces moments-là, les gens cherchent surtout à se protéger eux-mêmes. C’est simple. En réalité, le mécanisme pour me licencier avait déjà commencé fin décembre, quand nous avons perdu à domicile contre Charleroi. Je sentais ce qui allait arriver ».

Aucune relation avec Marc Coucke

Un homme est surtout visé par les critiques de l’ancien joueur : Marc Coucke. Hasi explique d’ailleurs qu’il n’a eu que très peu de contacts avec l’homme d’affaires. Lors du gala du Soulier d’Or, le propriétaire des Mauves lui a simplement indiqué « assure-toi de battre Gand en Coupe ». Et comme beaucoup, Hasi se questionne sur la manière de fonctionner du Sporting. « Vous savez ce qui m’intéresse ? Je sais que Coucke prend les décisions finales, mais sait-il vraiment qui décide quoi à Anderlecht ? », lance l’ancien T1.

Un gros point de discussion, qui a mené au mécontentement de Besnik Hasi, est la gestion des transferts. « Au début de la préparation, j’ai eu une discussion avec Olivier Renard. Il m’a dit littéralement : c’est moi qui compose l’effectif », révèle le coach de 54 ans. « Le message était clair. Je l’ai compris. Au mercato, Anderlecht avait besoin de personnalité et de qualité. D’un leader, car la défense était jeune après la retraite de Jan Vertonghen. Et finalement on recrute Ilic et Özcan ? Deux joueurs qui doivent encore être formés. Je n’étais pas pour. »

La mauvaise gestion de De Cat

L’exemple qui fait sortir Besnik Hasi de ses gonds est celui de Nathan De Cat. « Il fallait être aveugle pour ne pas voir qu’il arrivait », lance-t-il. « Ce n’est d’ailleurs pas normal qu’il soit l’un des meilleurs joueurs. Mais alors pourquoi acheter autant de milieux de terrain ? C’est un mystère pour moi ».

Une mauvaise gestion qui reflète bien les problèmes qui gangrènent l’organigramme mauve selon Hasi : « Voilà pourquoi je dis que le savoir footballistique à Anderlecht doit s’améliorer. Deux ou trois personnes compétentes et expérimentées à des postes clés, voilà ce qu’il faudrait. Des gens qui savent ce que représente Anderlecht et qui reconnaissent le talent. Des gens qui regardent d’abord dans leur propre académie et qui empêchent les talents de partir ».

Mais ce n’est pas tant le fait d’acheter de nouveaux joueurs qui dérangent Hasi, c’est le fait de ne pas tabler sur les bons profils : « Si tu achètes quelqu’un, ce doit être un bon joueur. Pas n’importe qui. Sinon, investis ton argent ailleurs. Tu ne peux pas dire que tu crois désormais aux datas pour ensuite recruter un joueur qui ne correspond pas du tout à ces critères. Anderlecht ne doit pas jeter des millions par la fenêtre ».

S’il a répété son amour pour Anderlecht, Besnik Hasi semble fortement touché par la façon dont son passage a été géré par la direction et regrette surtout de ne pas avoir eu toutes les cartes en main.