Avec son tout premier triplé sous les couleurs des Rouches, Dennis Eckert Ayensa a été le grand artisan du succès liégeois. L’attaquant reconnaît avoir livré l’une de ses prestations les plus abouties sous le maillot du Standard, même s’il rappelle que son rendement ne se résume pas uniquement à ses statistiques.
« C’était l’un de mes meilleurs matches, bien sûr. Quand un attaquant marque des buts, c’est toujours bien. Je pense aussi avoir disputé de bons matches sans marquer, mais je sais que tout le monde regarde uniquement les buts quand on joue en pointe. Nous sommes donc très heureux d’avoir pu rendre tout le monde heureux ce soir », explique-t-il.
Pour le buteur, cette victoire était également indispensable : « Pour moi, si le Standard de Liège joue à domicile contre Beveren, nous devons gagner. Et nous l’avons fait. »
Ayensa a surtout apprécié le scénario de la rencontre, au cours de laquelle les Rouches ont rapidement pris le contrôle des opérations sans jamais véritablement donner l’impression de pouvoir être rejoints : « C’était peut-être la première fois depuis que je suis au Standard, ou l’une des premières, où l’on pouvait parler d’un match facile en tant que joueur. Tout s’est bien passé dès le début. Sur le terrain, on sentait que tout allait dans notre sens, on contrôlait le match et on n’avait jamais l’impression qu’ils pouvaient revenir. C’était très agréable à vivre. »
« Nous avons retrouvé ce qui nous rendait forts au début de la saison »
Comment expliquer la différence entre cette prestation et celle livrée face à Courtrai ? Pour Ayensa, la réponse se trouve principalement dans l’attitude et le pressing. Le Standard a retrouvé l’agressivité qui caractérisait ses premières sorties de la saison.
« Nous avons fait un peu ce que nous faisions lors des quatre ou cinq premiers matches. Nous ne nous posions pas de questions, nous pressions. Si quelqu’un perdait le ballon, nous allions le récupérer. Nous ne reculions pas, nous sprintions jusqu’à retrouver la possession », détaille-t-il.
L’attaquant insiste également sur la prise de risques et la variété dans le jeu offensif. Contre Beveren, les Liégeois ont davantage cherché à jouer vers l’avant plutôt que de systématiquement repartir de leur gardien : « Avant le match, nous nous sommes demandé ce qui nous avait rendus forts lors des premières rencontres. Si nous faisions une erreur, nous repartions au pressing. Si nous essayions de casser les lignes et que la passe n’arrivait pas, nous allions récupérer le ballon. C’est ce que nous avons fait aujourd’hui. Nous avons joué avec du courage, vers l’avant. Nous n’avons pas constamment joué vers le gardien pour qu’il dégage loin. Nous avons trouvé des solutions entre les lignes, dans la profondeur et avec des longs ballons. C’est ce mélange qui a fait la différence aujourd’hui. »
Sur le plan individuel, ce triplé représente évidemment un bol d’air pour l’international iranien. Ayensa n’a d’ailleurs pas manqué d’humour lorsqu’il a été interrogé sur l’impact de cette soirée : « Oui, ça m’aide. Peut-être que maintenant, quand je regarderai mes réseaux sociaux, je ne verrai pas uniquement des messages de haine. Et peut-être que les journalistes parleront un peu mieux de moi ce soir. Cela me permettra certainement de dormir un peu plus tranquillement. J’espère aussi que mon bébé me laissera dormir cette nuit. »
Il rappelle néanmoins que son efficacité dépend en partie du nombre d’occasions que l’équipe parvient à lui procurer : « Si j’ai trois ou quatre occasions, je marque probablement davantage de buts. Nous devons simplement essayer de continuer comme ça. Je pourrai alors inscrire de beaux buts ou réaliser de bonnes actions offensives. Je suis simplement heureux que cela ait fonctionné ce soir pour nous tous. »
« Nous avons un peu abandonné nos racines »
La victoire contre Beveren intervient après une période compliquée, marquée notamment par le bilan récent d’un point sur quinze. Une série qui a forcément suscité des interrogations dans le vestiaire. « Bien sûr, quand vous avez un point sur quinze, vous vous demandez pourquoi cela arrive. Mais pour être honnête, c’est parce que nous avons un peu abandonné nos racines. Après les premiers matches, notamment celui à Westerlo, j’ai eu le sentiment que nous étions devenus un peu plus défensifs. Pas forcément par peur, mais nous avions tendance à davantage reculer », analyse-t-il.
Le message de l’attaquant est donc limpide : cette prestation doit servir de référence pour la suite. « C’est le point le plus important que nous avons montré aujourd’hui : nous pouvons rejouer de cette manière. Et lors du prochain match, si ça ne fonctionne pas, nous devrons recommencer au suivant, encore et encore. Je pense que c’est la manière la plus efficace pour nous. Aujourd’hui, nous avons montré que nous devions jouer comme ça, et nous l’avons fait. »













