Avant le début de la saison, Anthony Vanden Borre avait émis de sérieux doutes concernant la capacité de l’Union Saint-Gilloise à rester compétitive après les nombreux départs enregistrés durant l’été.
Pour l’instant, le vice-champion de Belgique lui donne tort. Présent sur le plateau de « Dans le Vestiaire » sur RTL TVI, l’ancien défenseur d’Anderlecht a reconnu avoir été bluffé par les performances de l’Union : « L’Union est en train de me bluffer, oui. J’accepte, j’accepte. »
À ses côtés, son ancien coéquipier Silvio Proto s’était montré un peu plus prudent : « Moi, j’avais été plus prudent, parce qu’on ne sait jamais avec l’Union. À chaque début de saison, on se dit que ça ne va pas tenir, qu’il y a ceci, qu’il y a cela… Ça devient une blague. »
Si Vanden Borre reconnaît donc les performances actuelles de l’Union, il reste beaucoup plus sceptique concernant la construction du club sur le long terme. Son principal reproche concerne l’absence d’une véritable académie de jeunes, alors que l’Union s’est installée parmi les équipes qui jouent régulièrement les premiers rôles en Belgique : « Ce n’est pas que je n’y crois pas, mais ce qui m’énerve avec l’Union, c’est : comment peux-tu être un club qui joue les premiers rôles en championnat alors que ton académie, tu n’en fais rien ? Si tu me dis que l’Union joue bien, oui, bien sûr, pas de problème. Mais à partir du moment où tu joues les premiers rôles, tu dois avoir une académie. On est à Bruxelles, il y a des jeunes. »
Vanden Borre estime également que les moyens financiers dont dispose aujourd’hui l’Union devraient permettre au club de développer davantage sa formation : « Il faut du temps ? Ils ont du pognon. Avec ça, tu fais ce que tu veux ! »
« Ce n’est pas leur modèle économique »
Silvio Proto n’est toutefois pas du tout sur la même longueur d’onde. L’ancien gardien d’Anderlecht estime que Vanden Borre juge l’Union avec les critères d’un club traditionnel, alors que le projet bruxellois repose précisément sur une autre approche : « Ce n’est pas leur modèle économique. Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il faut une école de jeunes, mais ce n’est pas leur projet. Ils vont chercher des gars en D7 japonaise et en font des Souliers d’Or. On caricature, mais voilà. »
Proto va même plus loin lorsqu’il évoque les difficultés auxquelles l’Union serait confrontée si elle décidait de développer une académie capable de rivaliser avec les meilleurs centres de formation bruxellois. Et notamment avec celui d’Anderlecht, situé à quelques encablures : « Comment veux-tu qu’à quelques kilomètres de distance, ils rivalisent avec Neerpede ? Impossible. »
Une chose est en revanche certaine : sur le terrain, l’Union continue pour l’instant de donner tort à tous ceux qui doutaient de sa capacité à rester compétitive.













