C’est une image inhabituelle qui a marqué cette sixième étape : voir Evenepoel emmener le groupe des favoris avec une telle intensité que des coureurs comme Gall ou Skjelmose ont fini par craquer dans la descente. Pourtant, le leader de la Red Bull-Bora-Hansgrohe a avoué qu’il ne se sentait pas capable de porter l’estocade finale face à un Jonas Vingegaard intouchable : « C’était une décision prise sur le moment », a confié le Belge pour expliquer sa stratégie. « L’intention initiale était d’attaquer dans l’avant-dernière ascension, mais à mi-chemin de la montée, j’ai senti que je n’avais pas des jambes de feu. Je pouvais rouler vite, mais je n’avais pas l’impression de pouvoir dépasser ma limite. »
En choisissant de dicter un tempo infernal plutôt que de subir, Evenepoel a protégé son rang tout en testant ses adversaires : « Dans la dernière ascension, j’ai maintenu un rythme soutenu. Je ne perds pas beaucoup de temps sur les hommes devant moi et je mets les autres à distance, c’est donc une véritable situation gagnant-gagnant. »
Derrière cette démonstration de force se cache une réalité physique plus complexe. Le champion belge a admis que sa chute survenue plus tôt dans l’épreuve avait laissé plus de traces que prévu sur son organisme : « Après ma chute, j’ai eu quelques jours difficiles. L’impact a été un peu plus important que ce que j’espérais. »
Malgré ce rôle d’équipier de luxe et la fatigue accumulée, Remco n’a pas l’intention de quitter la Catalogne sans avoir tenté un dernier coup d’éclat : « Demain, j’ai encore une chance de victoire d’étape. Le classement est désormais figé, il y a donc de la place pour moi pour jouer l’étape à fond. »













