Le même jour où Remco Evenepoel a officiellement endossé les couleurs de Red Bull-BORA-hansgrohe et dévoilé son nouveau maillot, l’équipementier Specialized a diffusé un épisode de podcast consacré au double champion olympique. Une prise de parole qui en dit long sur les raisons profondes de son choix.
Au fil de l’échange, un souvenir marquant refait surface lorsque l’animateur évoque le soutien dont Evenepoel disposera désormais en montagne, un aspect qui lui faisait parfois défaut chez Soudal Quick-Step. Le Belge replonge alors six mois en arrière, lors du Critérium du Dauphiné, dans une scène qui l’a durablement marqué. « Je me souviens d’un moment lors de la dernière étape du Dauphiné en juin. Après une longue ascension, nous sommes descendus dans une vallée avec un groupe d’élite. J’ai regardé autour de moi et j’ai vu trois ou quatre coureurs de l’équipe Red Bull dans notre groupe. Et je me suis dit : « Punaise, je suis tout seul ici. Et eux, ils roulent avec quatre gars. » »
Cette image a fait son chemin dans son esprit, d’autant plus qu’il savait déjà ce que l’avenir lui réservait. « Cela m’a énormément motivé, même en sachant ce qui allait se passer quelques mois plus tard. Le soir après l’étape, je n’arrêtais pas de penser : « Mon Dieu, imaginez être entourés comme ça. Que nous cinq allions attaquer cette dernière ascension. » »
Pouvoir compter sur plusieurs grimpeurs solides à ses côtés est précisément ce qu’Evenepoel attend de cette nouvelle aventure. « Je rejoins une équipe composée de coureurs au palmarès exceptionnel, mais aussi de jeunes talents prometteurs. Savoir que de tels noms, comme Primoz Roglic, par exemple, rouleront à mes côtés me motive à donner le meilleur de moi-même. Je dois être prêt, car il y a toujours un coéquipier capable de prendre ma place de leader. »
Rattraper Pogacar
Lorsqu’on lui demande ce qui fera la différence pour se rapprocher du niveau de Tadej Pogacar, le coureur de Schepdaal ne tergiverse pas. « Une bonne préparation hivernale. Ça aiderait énormément. Tous les coureurs savent combien ces quatre ou cinq mois d’entraînement sont importants. Poser les bases et accumuler les kilomètres, c’est ça le plus important. (rires) Donc, mon objectif principal, c’est de ne pas me faire renverser par une camionnette postale. »
Avec du recul, Evenepoel préfère aujourd’hui relativiser. « Parce que c’est du passé. Je peux toujours faire ce que j’aime. Je ne veux surtout pas en faire toute une histoire, car malheureusement, beaucoup de gens meurent encore dans des accidents de voiture. »
Mais il mesure parfaitement l’impact de cette période noire sur sa carrière. « L’hiver dernier, je n’ai rien pu faire pendant treize semaines. Tous les cyclistes savent à quelle vitesse la forme se dégrade. À notre niveau, trois mois sans vélo équivalent pratiquement à une saison perdue par rapport aux coureurs qui peuvent s’entraîner pendant trois mois. »













